25 avril 2008
"Les 4 Deneuve"
J'y connais rien à Catherine Deneuve mais je suis allé voir la bien-nommée "Les 4 Deneuve", une comédie de Mélissa Drigeard et Guillaume Gamain qui se jouait au Théâtre le Mery situé sur la Place de Clichy à Paris, un petit théâtre sympathique si ce n'est qu'on entend le métro passer toutes les 5 minutes et que ça vibre pas mal du coup. Enfin bref, "Les 4 Deneuve" conte les tribulations dans le monde cruel des castings de 4 jeunes comédiennes pour le moins ratées : il y a Félicité, la dépressive sociopathe; Babe (Elisabeth en fait, interprétée par Mélissa Drigeard, la co-auteure de la pièce), la bimbo qui a joué dans une série du nom du "Soleil de l'Amour", ou un truc du genre, et dont le personnage a été tué dès la première saison; Agrippine, l'artiste intello qui rêve de travailler avec Ariane Mnouchkine (spéciale dédicace au Théâtre du Soleil) dont elle a malencontreusement perdu le numéro de téléphone et enfin Candy, la gentille idiote descendue de sa campagne normande et qui n'a pour seule alternative du métier d'acteur que de reprendre la boucherie de ses parents. Après un casting pour des pubs, ces quatre filles vont être oubliées dans la salle d'attente "Catherine Deneuve", une salle avec un fauteuil en forme de baiser et 4 portraits de Deneuve aux murs, et elles vont y rester enfermées toute la nuit. Elles vont donc apprendre à se connaître avec plus ou moins de bonheur et tenter de se motiver ensemble pour réussir un ultime casting qui se déroule le lendemain matin, aidées en cela de leurs prières pour "Sainte Catherine".
J'ai trouvé que la comédie tournait vachement en rond au bout d'une demi-heure, les gags sur les castings devenant un peu trop redondants à mon goût, mais heureusement, vers la fin, la pièce part dans un bon délire qui m'a sorti quelque peu de ma torpeur. J'ai apprécié notamment cette scène très cocasse d'une pièce à l'intérieur de la pièce dans laquelle une des filles s'est faite engager (après un jeu de chaises musicales) en remplacement d'une actrice qui s'est cassé une jambe et ses "copines", devenues ouvreuses, viennent dans la salle (c'est-à-dire parmi nous les spectateurs) pour la voir se débattre dans un one-woman-show totalement ridicule d'auteur engagé et ne lésinent pas sur leurs petits commentaires assassins. La toute fin de la pièce est également assez originale puisque, fortes de leur expérience et parce qu'on est jamais mieux servi que par soi-même, les 4 filles décident de créer et de jouer dans leur propre pièce de théâtre qui n'est tout autre que ces "4 Deneuve" que l'on est en train de regarder... euh, vous suivez? Du coup, elles nous rejouent le début de la pièce mais en inversant leur rôle. Bon ok, je raconte mal, mais c'est pas un métier facile ok??? T'as compris... ou t'as pas compris???
J'y connais toujours rien mais disons que l'on a là une pièce qui ne casse pas vraiment des briques mais qui reste tout de même sympathique grâce à son dénouement assez surréaliste et puis, en plus, certaines des actrices ne sont pas désagréables à regarder ce qui est un argument comme un autre ok???
23 avril 2008
"Ne nous quitte pas"
J'y connais rien à la psychologie féminine et d'ailleurs, si un mec dit qu'il s'y connaît à ce sujet c'est soit que c'est un menteur, soit que c'est une femme qui s'est faite récemment opérer. Enfin bon, du coup je suis allé voir la pièce "Ne nous quitte pas" de Gil Galliot et Yves Hirschfeld au Théâtre des Mathurins à Paris. J'avais bien envie de voir ce que donnait sur scène Philippe Lelièvre qui joue dans la pièce et que j'appréciais beaucoup dans "La grosse émission" sur la chaîne Comédie! quand il faisait ses improvisations avec Benjamin Rateau (ils avaient même ensuite leur propre émission, "La grosse improvisation" sur la même chaîne, où il faisaient des impros pendant une heure selon des thèmes donnés par le public). C'était en 1999-2001, la meilleure saison de "La grosse émission" à mes yeux, présentée alors par Kad & Olivier, souvenirs, souvenirs... Malheureusement, il semble que Philippe Lelièvre ait fini "professeur" dans cette émission affligeante qu'est la "Star Academy" d'après les extraits que j'ai vu contre mon gré en matant parfois "Le zapping" de Canal+ (je n'ai d'ailleurs jamais compris pourquoi ils passaient des extraits inintéressants des émissions de "téléréalité" alors qu'à côté ils font du bon boulot).
Revenons donc à la pièce qui commence dans le noir, les rideaux fermés, avec une voix off de femme qui explique à une amie que son couple bat de l'aile et qu'elle ne sait plus où elle en est. On apprendra plus tard que cette femme s'appelle Agnès et elle est mariée avec un certain Paul. Les rideaux s'ouvrent sous les sanglots d'Agnès en fond sonore et apparaissent alors 3 hommes avec des valises à leur pied, sous une pluie battante. En fait ces 3 hommes ne sont pas des humains mais 3 images de Paul qu'Agnès a dans son cerveau : il y a le Paul en tant qu'amant (joué justement par Philippe Lelièvre), le Paul en tant qu'esprit pragmatique et mature et enfin, le Paul en tant qu'être sensible et fragile. La pluie est en fait les larmes d'Agnès et si les 3 personnages ont des valises à leur pied, c'est qu'Agnès s'apprête à quitter Paul et que donc les images qu'elle a de son mari vont finir par être reléguées en tant que simples souvenirs dans les méandres de son moi profond. Mais les 3 Paul sont bien décidés à se battre pour rester totalement présents dans l'esprit d'Agnès, surtout que cette dernière a rencontré un certain Jérémy et qu'elle est sur le point de succomber. Va s'en suivre alors une véritable quête de nos protagonistes dans les couloirs de la psychologie d'Agnès!
Voilà donc une histoire très originale qui tente de traiter de la psychologie féminine avec beaucoup d'humour et sous un point de vue masculin donc forcément, vu le sujet casse-tête, il y avait un risque que seuls les hommes dans la salle rient de bon coeur et que les femmes soupirent "pffff n'importe quoi!" tout le long. Mais en fait, vu les rires féminins assez nombreux, j'imagine qu'il y avait de nombreuses choses vraies dans la pièce que même la mauvaise foi féminine ne pouvait dénier. De plus, les hommes ne sont pas non plus épargnés et s'en prennent pas mal dans la tronche! Il y avait des moments très drôles dans la pièce avec des passages complètement barrés qui me faisaient justement penser à l'humour qu'on retrouvait dans "La grosse émission". Mais au final, je suis un peu mitigé sur la pièce car malgré l'énergie communicative des comédiens, le spectacle s'essoufflait un peu sur la fin et s'étirait un peu trop en longueur à mon goût. Reste que pour l'originalité de l'histoire, le jeu des comédiens et les nombreux moments délirants, cette pièce est à voir!
J'y connais toujours rien et je me demande si j'ai vraiment envie d'y connaître quelque chose un jour, y a de quoi se faire un claquage du cerveau et augmenter sa tension inutilement!
18 avril 2008
"La vie devant soi"
J'y connais rien au prix Goncourt mais je suis allé voir la pièce "La vie devant soi", adaptée du roman de Romain Gary, lequel a donc gagné pour ce livre le prix Goncourt en 1975, avec entre autre Myriam Boyer qui n'est tout autre que la mère de Clovis Cornillac dans la vie, ça c'est pour la petite note people. Cela se passait au Théâtre Marigny à Paris où j'étais allé 2 jours auparavant pour voir "La tectonique des sentiments" sauf que cette fois-ci, la pièce se jouait dans le petit théâtre annexe. "La vie devant soi" raconte l'histoire de Madame Rosa (interprétée par Myriam Boyer), une vieille juive polonaise, ancienne prostituée, qui a survécu à Auschwitz et qui tient une pension un peu spéciale dans son petit appartement situé au 6ème étage sans ascenseur à Belleville puisqu'elle s'occupe justement, de façon temporaire, d'enfants de prostituées quand ces dernières ne peuvent pas s'en occuper à cause de leur travail (Madame Rosa a d'ailleurs une expression particulière pour désigner le plus vieux métier du monde : elle dit que les femmes qui le pratiquent vont se "défendre") et à cause de la loi française. Il faut dire que ces femmes sont souvent étrangères et en situation irrégulière et Madame Rosa cache les enfants en quelque sorte pour qu'ils ne soient pas repris par l'Assistance Publique. Elle est aidée pour cela du docteur Katz, un juif comme elle, qui vient soigner les enfants et fourni de faux certificats de santé pour qu'ils puissent aller à l'école. Madame Rosa n'a plus qu'un jeune garçon à s'occuper, le turbulent, naïf mais néanmoins hyper sensible et éveillé Mohammed, surnommé Momo pour faire original, un "enfant de pute" âgé d'environ 13 ans. Il faut dire que la pilule contraceptive étant arrivée sur le marché depuis quelques années, Madame Rosa est beaucoup moins sollicitée et de plus, il arrive que la mère trouve une situation plus respectable dans son pays d'origine et reprenne son enfant pour l'emmener avec elle. De toute façon, c'est mieux ainsi car Madame Rosa commence à être très fatiguée et malade. Pour en revenir à Momo, sa mère est morte et son père, qui a complètement disparu de la circulation depuis, a confié l'enfant alors âgé de 3-4 ans à Madame Rosa avec pour seule instruction qu'il soit élevé "dans un état musulman", ce qu'elle a respecté. En fait, l'histoire peut-être résumée en une véritable histoire d'amour maternel entre ce jeune musulman et cette vieille juive, amour qui durera jusqu'à la mort de cette dernière.
Au premier abord, on pourrait croire que l'histoire ne prête vraiment pas à sourire et qu'on risque de bien déprimer pendant les 2h15 sans entracte de la pièce. Et pourtant, cette histoire est bourrée d'humour et on rit plus d'une fois. Il faut dire que le narrateur est le jeune Momo et qu'il a une façon toute naïve de s'exprimer avec son vocabulaire approximatif, ce qui dédramatise certaines situations. La scène que j'ai trouvé la plus hilarante est quand le père de Momo vient rechercher son fils. On apprend en fait que c'est lui qui a tué sa femme dont il était le proxénète car elle faisait jusqu'à 20 passes par jour et qu'il était "devenu jaloux". Il a prôné la folie pour se dédouaner de son acte et a passé 11 ans enfermé dans un hôpital psychiatrique dont il a été libéré depuis peu. Bon, je vous rassure, c'est pas ça que j'ai trouvé drôle hein, j'établis juste le contexte. Donc il débarque chez Madame Rosa qui fait mine de ne pas le reconnaître et, pour le dissuader de reprendre son fils, elle lui fait croire qu'elle l'a appelé Moïse et l'a élevé dans la tradition juive par erreur car Momo est arrivé en même temps qu'un Moïse et qu'elle s'est trompée de nom et de religion entre les deux, la scène est vraiment énorme! D'ailleurs, "La vie devant soi" est une réflexion assez piquante et sans complaisance sur la religion mais aussi sur la notion de "race" qui n'a de réalité qu'au contact des autres puisque ce n'est qu'à partir du moment où il a commencé à fréquenter l'école que Momo a appris qu'il était "arabe" et que c'était une insulte dans la bouche de certains. En fait la pièce est une succession de scènes douces amères et de discussions sur des sujets lourds mais qui tournent vite au cocasse. Madame Rosa va peu à peu perdre la tête suite à différentes attaques cardiaques, sûrement dues en partie à sa peur de tout ce qui l'entoure (il lui arrive souvent de crier durant la nuit en cauchemardant sur les allemands qui viennent la chercher). Ainsi il y a quelques scènes où elle fait en quelque sorte des rêves éveillés au sujet de ses jeunes années dont une scène où elle s'habille comme au temps où elle se "défendait" sous le regard horrifié de Momo.
Venons-en aux acteurs, j'ai trouvé qu'ils jouaient tous très bien même si le gars qui interprète Momo n'était pas spécialement crédible dans un rôle de garçon de 15 ans (en fait Madame Rosa a menti sur l'âge de Momo pour le "freiner" et le garder plus longtemps) puisqu'il en avait largement une bonne vingtaine. Il a aussi tendance a beaucoup exagérer les expressions de son personnage mais je n'ai pas lu le bouquin et c'est peut-être fidèle à la vision de l'auteur et de toute façon c'est ce côté exubérant qui fait le charme du personnage et dédramatise l'histoire. En tout cas, les autres acteurs jouaient vraiment de façon authentique, ça m'a fait penser un peu à la façon de jouer de la troupe du Théâtre du Soleil mais j'y connais rien et je n'ai que ça comme référence. Pour ce qui est des décors, ils étaient simples et techniques à la fois puisqu'il y avait un système de rideaux qui étaient transparents selon la lumière et sur lesquels pouvaient être projetées des images animées. Ainsi on passait sans gros changements de décor de l'appartement de Madame Rosa à la cave, "le trou juif", où cette dernière va prier. La pièce n'était pas exempt d'éléments sonores puisque qu'il y avait quelques musiques et, entre les scènes, on entendait un enregistrement de la voix de Momo qui narre l'histoire, une façon de couvrir au maximum l'ensemble du livre en 2h15.
J'y connais toujours rien mais voila une pièce très poignante sans être indigeste et de laquelle on sort le sourire aux lèvres malgré le début un peu lent et la fin assez tragique.
16 avril 2008
"La tectonique des sentiments"
J'y connais rien à la géologie mais hier soir je suis allé au Théâtre Marigny à Paris voir "La tectonique des sentiments", une pièce écrite et mise en scène par Eric-Emmanuel Schmitt avec entre autre Clémentine Célarié et Tchéky Karyo dans les rôles principaux. L'histoire est celle de Diane (interprétée par Clémentine Célarié), une députée qui consacre sa carrière politique à soutenir la cause des femmes et qui entretient une liaison avec Richard (interprété par Tchéky Karyo), un riche héritier qui a semble-t-il lutté 2 ans avant de la conquérir et à qui elle a refusé maintes fois ses demandes en mariage. Diane vit avec sa mère, un petit bout de femme pétulant, à qui elle fait part de sa crainte quant à sa relation avec Richard car elle l'aime mais elle a l'impression que la passion de ce dernier à son égard s'est effilochée et elle prend pour preuve quelques exemples comme le fait qu'il ne la serre plus aussi fort dans ses bras qu'avant, qu'il n'est plus aussi angoissé quand ils doivent se séparer quelques jours pour affaires, etc... Bref, c'est bien une gonzesse quoi! Sa mère lui suggère alors d'entamer une discussion avec Richard mais en reprenant les exemples qu'elle a cité à son propre compte (genre lui dire qu'elle s'est rendue compte que c'est elle qui ne le serre plus aussi fort qu'avant, que c'est elle qui angoisse moins lors des séparations, etc...), histoire de voir la réaction de son amant. Et la réponse de ce dernier va plonger Diane dans la stupeur car, contre toute attente, Richard la félicite de sa franchise et admet qu'il a les mêmes impressions qu'elle au sujet de leur couple et qu'il est temps qu'ils se séparent tout en continuant à se voir comme amis intimes. Par la suite, au cours d'une visite dans le milieu de la prostitution en tant qu'élue dans le cadre de son rapport pour aider les femmes dans le besoin, Diane fait la rencontre de deux prostituées roumaines, dont une jeune femme très belle et cultivée. Elle va les sortir de l'enfer de la rue en régularisant leurs papiers et en leur trouvant une chambre de bonne... mais tout ceci a un prix et le prix de Diane est très particulier. En effet, elle apprend aux deux filles que son ancien amant Richard a parfois des douleurs fulgurantes au dos qu'il pense êtres bénignes alors qu'en fait il a un cancer généralisé incurable et qu'il n'a plus que quelques mois à vivre mais ni les médecins ni Diane ne l'ont mis au courant. Et Diane aimant encore Richard, elle veut que celui-ci connaisse le bonheur pour les derniers temps qu'il lui reste. Elle demande donc à la plus jeune des prostituées de séduire Richard et que l'autre, quand-même plus âgée, se fasse passer pour sa mère et qu'elle mette en quelque sorte des bâtons dans les roues de cette relation naissante pour ne pas que tout cela aille trop vite non plus. Cependant, Richard est-il vraiment sur le point de mourir? Ce plan tordu monté par Diane n'est-il pas finalement une machination dans le but de se venger et de le faire souffrir à terme autant qu'elle souffre, voire plus?
Bon, c'est vrai que raconté comme ça le sujet semble assez lourd mais heureusement, la pièce n'est vraiment pas exempt d'humour notamment grâce à l'excellent personnage de la mère de Diane qui est vraiment drôle et spirituel et on se surprend à rire plusieurs fois au milieu de quelques scènes beaucoup plus dramatiques. De même, la mise en scène est assez dynamique grâce à un système de décors vraiment terrible : les décors bougent devant nos yeux et sont bien variés et souvent réalistes, notamment celui qui représente une rue sordide avec des murs taggés et la porte d'entrée d'un bar douteux. En plus, le jeu des lumières et l'ambiance sonore étaient également réussis, j'ai vraiment apprécié! Je ne connaissais pas trop Clémentine Célarié en tant qu'actrice mais j'avoue qu'elle m'a plutôt convaincu dans son rôle, par contre Tchéky Karyo... qu'est-ce qu'il joue mal! J'avoue que je ne me rappelais plus qu'il jouait dans la pièce et comme je ne suis pas physionomiste, je n'ai pas reconnu que c'était lui sur scène. J'en suis d'autant plus tombé des nues quand j'ai appris finalement que c'était bien lui, un acteur à la filmographie aussi impressionnante et à la carrière internationale... Peut-être qu'il est plus fait pour le cinéma que pour le théâtre. Mais bon cela ne m'a pas empêché de vraiment bien aimer cette pièce dont je n'ai pas vu passer les presque 2h de jeu.
J'y connais toujours rien mais voila une pièce de plutôt bonne qualité qui a le mérite d'être techniquement très bien réalisée.
11 avril 2008
"Le tour du monde en 80 jours"
J'y connais rien aux adaptations de roman mais je suis allé voir la pièce "Le tour du monde en 80 jours", une comédie de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino librement inspirée du livre de Jules Verne, qui se jouait au Café de la Gare à Paris. Un théâtre d'ailleurs plutôt convivial avec ses poutres apparentes, ses bancs en bois (mais avec du rembourrage dessus contrairement au Théâtre du Soleil) et sa configuration qui fait que l'on voyait très bien la scène où que l'on se place, le placement étant libre. Il y avait en tout cas du monde car il faut dire que la pièce bénéficie d'excellentes critiques et a également reçu plusieurs prix amplement mérités comme nous allons le voir.
Comme je le disais, la pièce est une adaptation très libre du bouquin de Jules Verne mais en garde tout de même la trame et les personnages principaux. Pour ceux qui ne connaissent pas, ou mal, "Le tour du monde en 80 jours", cela raconte l'histoire de Phileas Fogg, un riche gentleman anglais très flegmatique et très porté sur la logique et les mathématiques, qui tient un pari avec un de ses collègues du Reform Club, un club de gentlemen où il va tous les jours pour lire le journal et jouer au whist. Ce pari tient sur un article dans un journal qui affirme qu'il est possible, en cette année 1872, de faire le tour du monde en 80 jours selon un itinéraire précis en paquebot et en train principalement (oubliez le ballon dirigeable, ce n'est que dans le dessin animé qu'il y en a un ou dans le livre "Cinq semaines en ballon" du même auteur). Phileas Fogg pari donc 20 000 livres sterling qu'il réussira à faire le tour du monde en 80 jours et il part d'ailleurs sur le champ, emmenant avec lui son tout nouveau valet, le français Passepartout (oubliez aussi "Fort Boyard"). Mais le voyage sera semé d'embûches (moins que dans le livre tout de même) d'autant plus que notre fine équipe sera poursuivie tout le long du périple par l'inspecteur Fix, un policier anglais qui croit que Phileas Fogg est l'auteur d'un vol de justement 20 000 livres sterling qui s'est déroulé à la Banque d'Angleterre et que ce dernier tente de s'échapper. Malgré ces embûches et sa maniaquerie du temps et de la logique, Phileas Fogg rencontrera l'amour au cours de son escale en Inde en la personne de Aouda, une jeune veuve qu'il sauvera de la Sâti, une coutume qui veut qu'une veuve soit brûlée vive.
Ainsi, si l'histoire de Jules Verne dans son ensemble est bien respectée, en tout cas autant que faire se peut en 1h30, cette adaptation théâtrale prend le contre-pied du sérieux et de la précision de l'auteur en truffant l'histoire de gags. Honnêtement, il n'y a quasiment pas une seconde de répit : les blagues totalement anachroniques, empruntant autant à la politique française actuelle qu'à la culture populaire, sont excellentes et on se marre sans arrêt! Les acteurs, certains jouant 5-6 rôles différents, sont vraiment au top, se tapant quelques fous rires au passage, ce qui rajoute un plus par rapport à la bonne humeur dégagée par la pièce. En tout cas, j'en suis ressorti avec la banane! Et avec très peu de moyens, on a quand-même l'impression de voyager que ce soit à Londres, Bombay, Calcutta, Hong-Kong, etc... en train, en paquebot ou même à dos d'éléphant! Une vraie réussite et du vrai théâtre comique contemporain de qualité!
J'y connais rien mais voilà une façon très ludique de se plonger ou se replonger dans l'univers de Jules Verne et surtout de passer un excellent moment au théâtre.