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Les notes de la catégorie "Théâtre"

09 avril 2008

"Mais n'te promène donc pas toute nue!"

Théâtre 3/4

J'y connais rien à Georges Feydeau mais je suis allé voir la pièce "Mais n'te promène donc pas toute nue!" à la Comédie des 3 Bornes à Paris, un théâtre encore plus petit que le Café d'Edgar où j'étais allé voir "Mes meilleurs ennuis" il y a une semaine puisqu'on pouvait faire rentrer au mieux 40 personnes et on était d'ailleurs une petite dizaine de spectateurs présents dans la salle hier soir. Mais j'ai trouvé la Comédie des 3 Bornes beaucoup mieux agencée que le Café d'Edgar car déjà, la scène est bien plus grande du fait qu'elle fait toute la largeur de la salle et ensuite, la rue est très calme donc on n'entendait pas de bruits venant de dehors.

L'histoire de "Mais n'te promène donc pas toute nue!" est celle du député Ventroux qui reproche à sa femme de se balader trop souvent en tenue indécente dans la maison que ce soit devant leur fils ou devant leur domestique. En plus, la fenêtre principale de la demeure donne directement sur leur voisin qui n'est tout autre que Georges Clémenceau! Aujourd'hui, la femme de Monsieur Ventroux ne trouve rien d'autre de mieux à faire que de traîner en chemise de nuit blanche quasiment transparente avec son chapeau sur la tête mais plus par insouciance que volontairement, elle ne comprend d'ailleurs pas du tout ce qu'il y a de mal dans sa tenue ni pourquoi son mari est si exaspéré. Exaspération qui va s'amplifier quand ce dernier va recevoir la visite impromptue de Hochepaix, le maire de Moussillon-les-Indrets, qui vient solliciter quelques faveurs pour ses administrés. Ce Monsieur Hochepaix avait mené une campagne acharnée contre Monsieur Ventroux au moment de son élection, le traitant de plein de noms d'oiseaux alors qu'ils étaient du même bord politique et préférant son concurrent, le marquis de Berneville. Mais comme c'est un gros industriel qui a des centaines d'ouvriers, qui sont autant d'électeurs potentiels pour plus tard, il faut le ménager. Or l'entretien va prendre une toute autre tournure quand Madame Ventroux, qui ne s'est toujours pas changée, va se pointer avec sa tenue légère. Et pire encore quand celle-ci va s'asseoir sur une guêpe et demander qu'on lui suce la plaie, de peur que l'infection ne devienne grave.

Bref, vous l'aurez compris, on est face à un bon vieux vaudeville assez grivois et j'ai d'ailleurs été étonné qu'une pièce écrite dans les années 1910 soit aussi irrévérencieuse, ça a du choquer plus d'une personne à l'époque! Mais en tout cas, je trouve que la pièce n'a pas trop vieillie et reste très amusante. En plus, malgré le propos, on est loin de la vulgarité des vaudevilles contemporains. Par contre, la pièce était jouée par des jeunes acteurs et donc qu'un comédien qui a la vingtaine joue le rôle d'un député ce n'est pas très crédible mais bon, je les ai quand-même trouvé tous très bons dans leurs rôles. Celui qui joue le double rôle du domestique et du journaliste du Figaro à la fin ainsi que celui qui joue Hochepaix ont une bonne tête de l'emploi. J'ai quand-même était interloqué par la durée de la pièce qui s'est finie en même pas 45 minutes, c'est la première fois que je sortais d'un théâtre à 20h alors que c'est plutôt l'heure à laquelle j'y rentre d'habitude!

J'y connais toujours rien mais voila une pièce bien sympathique qui pourrait être une mise en bouche pas trop violente pour ceux qui veulent passer un bon moment au théâtre sans s'y éterniser.


04 avril 2008

Thomas VDB au Théâtre du Temple

Théâtre 3/4

J'y connais rien aux one-man-shows et aux stand-ups mais par contre, j'y connais un peu plus en rock. Du coup, j'étais assez curieux de voir ce que donnait le spectacle de Thomas VDB au Théâtre du Temple à Paris. Thomas VDB, de son vrai nom Thomas Vandenberghe, est journaliste au magazine Rock Sound et a également collaboré à Rock & Folk. Depuis quelques temps, il s'est lancé dans le stand-up avec un spectacle évidemment centré sur le vaste sujet de la musique rock. J'avais déjà eu l'occasion de voir un extrait de son spectacle quand il était passé dans le "Jamel Comedy Show", c'est-à-dire l'émission sur Canal+ présentée par Jamel Debbouze où ce dernier aide de jeunes comiques adeptes du stand-up à se lancer, et j'avoue que je n'avais pas du tout été emballé. Mais je sais d'expérience que ce genre de spectacle s'apprécie plus dans l'ambiance d'un théâtre qu'à la télévision, sachant en plus que le pauvre Thomas VDB s'était retrouvé dans la dite émission devant un parterre de djeunZ plus intéressés par NTM que par The Rolling Stones d'où une ambiance bien froide qui n'aidait pas à apprécier. Me voila donc revenu au Théâtre du Temple où j'étais allé voir "Amour et chipolatas" il y a 2 mois sauf que cette fois-ci ça se passait dans la petite salle du bas qui était d'ailleurs bien remplie.

Thomas VDB arrive sur scène sur un morceau de rock en nous faisant un petit numéro de "air guitar" puis il nous parle un peu de sa passion pour le rock, les magazines qu'il lisait quand il était ado comme Best, Rock & Folk ou Hard Rock Magazine et déjà à l'époque, son envie de devenir plus tard journaliste de musique rock. Il nous propose ensuite de définir "ce qui est rock" et "ce qui n'est pas rock" en rangeant virtuellement cette dernière catégorie dans un coin de la scène. Ainsi sont casés au coin, en vrac : le jazz, le dub, le "rock quoi" (c'est-à-dire les mecs qui disent "j'écoute du rock quoi!" en ayant établi juste avant une liste d'artistes qui n'ont rien à voir avec le rock), la techno, etc... Tout ça tourné de façon assez drôle quand même, son but n'était pas de cracher sur les autres musiques. Il en vient à parler du premier vrai thème rock, à savoir... le vomi! Car nombreux sont les artistes rock qui sont morts de la façon la plus grotesque qui soit, c'est-à-dire étouffés par leur propre vomi comme Jimmi Hendrix, John Bonham de Led Zepplin ou Bon Scott d'AC/DC. Thomas VDB nous livre d'ailleurs une vision toute personnelle et bien marrante de comment s'est déroulée la mort de Bon Scott! Il nous a fait ensuite un petit passage sur les artistes maudits comme Rick Allen, le batteur de Def Leppard qui a perdu un bras dans un accident en 1984 et qui est pourtant toujours batteur du groupe à l'heure actuelle, ou Pete Best, le premier batteur de The Beatles qui a eu le malheur d'être parti juste avant que la popularité du groupe explose! Là encore, la mise en scène de ces quelques évènements malheureux du rock était plutôt bien drôle surtout que dans le fond, tout était vrai! Il nous a également parlé de quelques unes de ses interviews en tant que journaliste à Rock Sound (il faisait un peu de la pub pour son magazine mais bon tant pis) avec par exemple Tommy Lee, le batteur de Mötley Crüe, de qui il avait vu la fameuse video de la nuit de noce avec Pamela Anderson qui avait circulé sur internet et qu'il ne pouvait pas s'enlever de la tête en serrant la main du bonhomme! Il nous a livré bien d'autres anecdotes comme sa double rencontre avec l'artiste français Christophe Miossec "au caractère bien trempé... dans l'alcool, d'où le nom Mi-os-sec", profitant d'ailleurs de cette anecdote pour fustiger la soit-disante "chanson rock" en reprenant la phrase de John Lennon : "le rock français, c'est comme le vin anglais". Il a terminé son spectacle en abordant le rock catholique avec l'exemple du groupe Glorious et en abordant ensuite son strict opposé, à savoir le Black Metal. Il nous a raconté à ce sujet son interview avec le groupe Marduk (comme le dieu babylonien) et plus particulièrement avec son chanteur Legion, à l'occasion de la sortie de leur album au titre très fin, à savoir "Panzer division Marduk". Là par contre il a un peu utilisé tous les clichés qui sont véhiculés sur le Black Metal mais c'était drôle quand même, surtout le coup de la séance photo pendant l'interview où il imite Legion en train de prendre des poses true evil en plein milieu de ses phrases! En parlant d'imitation, Thomas VDB nous en fait une bien belle sur Philippe Manoeuvre (un type qui m'agace personnellement, du fait de sa grande capacité à retourner sa veste et en plus j'ai une piètre opinion de Rock & Folk) en se foutant d'ailleurs au passage de la gueule du jury de l'émission "À la recherche de la nouvelle star" dont Maneouvre fait partie.

Bref, inutile de préciser que si vous n'êtes pas fans de rock, l'humour de ce stand-up vous passera plus que certainement par-dessus la tête! Mais par contre, il est aussi possible que si vous êtes au contraire fans de rock, les blagues de Thomas VDB ne vous paraissent pas bien originales si vous fréquentez d'autres passionnés de cette musique dans les concerts ou sur internet car dans ce milieu, ce style de blagues est légion (non, pas de Marduk). En tout cas, personnellement j'ai beaucoup aimé même si je suis un peu resté sur ma faim du fait que le spectacle ne dure pas plus d'une heure et qu'il en y aurait tellement à dire de plus sur ce grand sujet! Mais bon, je suis plutôt admiratif concernant le difficile exercice du stand-up qui peut être assez casse gueule et où il faut déployer pas mal d'énergie pour maintenir quasiment sans interruption l'attention et les rires du public. Je crois qu'hier soir c'était mission accomplie en tout cas. Ce qui est pas mal aussi dans le stand-up, c'est qu'il peut y avoir un moment où quelqu'un se manifeste et c'est au comédien d'user de son talent d'improvisation pour ne pas se laisser décontenancer, ça change des pièces où il est impossible d'interagir.

J'y connais toujours rien (enfin si quand même) mais je recommande ce one-man-show à voir cependant en salle plutôt que devant sa télé.


03 avril 2008

"Les Éphémères", recueil 1

Théâtre 3/4

J'y connais rien au roi mérovingien Dagobert Ier mais après avoir vu le recueil 2 du spectacle "Les Éphémères", me voila revenu au Théâtre du Soleil pour y voir cette fois-ci le recueil 1 de ce même spectacle. Pour rappel, "Les Éphémères" est une pièce qui se découpe en deux recueils, c'est-à-dire en deux parties et, il y a un peu plus de deux semaines, j'avais pris par erreur un billet pour le second recueil alors que je n'avais même pas vu le premier! Mais ça ne m'avait finalement pas empêché d'être sorti du théâtre totalement conquis par ce que j'avais vu et d'avoir envie de revenir au plus vite pour voir la partie que j'avais manqué. J'ai parlé un peu avec la fille qui m'a aidé a me placer (une des comédiennes, car je rappelle qu'au Théâtre du Soleil les comédiens s'occupent aussi de l'intendance) et elle m'a dit que généralement, le recueil 2 "guérissait" du premier recueil. J'imaginais donc que ce dernier contiendrait beaucoup plus de scènes dramatiques et émotionnellement difficiles par rapport au second recueil dont on sortait finalement avec la patate malgré tout de même quelques saynètes un peu dures. Sinon, cette fois-ci ce n'est pas Ariane Mnouchkine, la fondatrice du Théâtre du Soleil, qui est venue nous accueillir en nous prodiguant les règles d'usage (il y a encore eu distribution de couvertures pour les trois premiers rangs à cause des courants d'air) mais un gars qui nous a fait un petit laïus sur les Jeux Olympiques de Pékin en proposant de boycotter la cérémonie d'ouverture et de fournir, à ceux qui voulaient, des autocollants à distribuer aux coureurs du Marathon de Paris, qui se déroulera dimanche prochain, avec le slogan "Je cours mais sans piétiner les droits de l'Homme". Je ne suis pas spécialement convaincu par la portée et l'efficacité des boycotts et des slogans mais j'ai trouvé l'idée sympathique tout de même.

Bref, pour en venir au spectacle, je savais que je ne serais pas aussi conquis par rapport à la dernière fois où je suis venu car il est évident que je ne bénéficierais plus de l'effet de surprise que m'avait procuré la découverte de l'excellente mise en scène originale du spectacle avec la série de plateaux amovibles. Mais, même si ça s'est avéré être effectivement le cas, ça reste toujours un plaisir de voir arriver sur la scène les excellents décors. D'ailleurs, comme la dernière fois, le spectacle débute avec le montage devant nos yeux d'un des décors sur un plateau et fini avec le démontage de ce même décor. Au final j'ai quand-même largement préféré le recueil 2 par rapport à ce premier recueil pour plusieurs raisons. Déjà, dans le recueil 2 il y avait un fil conducteur avec une histoire qui se composait de plusieurs saynètes qui s'étendaient sur toute la durée du spectacle et au milieu desquelles s'intercalaient d'autres histoires plus courtes alors que dans le recueil 1, il n'y avait pas d'histoire principale et c'était plutôt des saynètes éparpillées (une femme qui revend la maison de sa mère suite au décès de celle-ci, un jeune drogué qui vient demander dans la nuit de l'argent à ses grands-parents, la rencontre entre une petite fille et une femme qui était encore un homme quatre années plus tôt, ...). Il y a aussi le fait qu'effectivement, les histoires étaient plutôt dramatiques dans l'ensemble, il y avait bien-sûr quelques scènes drôles et tendres mais peu par rapport au recueil 2. Pour finir, je pensais retrouver dans le recueil 1 tous les personnages attachants du second recueil et d'en apprendre un peu plus sur eux et au final, même si on retrouve quelques uns de ces personnages, les scènes correspondantes ne nous apprennent rien de bien nouveau, les saynètes du recueil 2 se suffisaient à elles-mêmes en fait. Mais qu'on ne s'y méprenne pas, malgré mes remarques j'ai beaucoup aimé ce premier recueil! Les décors, bien que moins nombreux et moins fournis que le second recueil, sont toujours admirables et les acteurs jouent vraiment très bien, on est souvent complètement pris dans le jeu et on a vraiment l'impression d'assister à du cinéma du réel, on en oublie presque qu'on est au théâtre. Franchement, il n'y a que la dureté des gradins en bois qui m'ont rappelé que la pièce durait presque 3h15 car à part ça, j'ai rarement vu le temps passer.

Encore une fois, j'y connais toujours rien mais je recommande plus que chaudement ce spectacle si jamais la troupe du Théâtre du Soleil passe par chez vous. Si vous ne vous sentez pas d'attaque pour vous payer l'intégralité de la pièce (soit 7 heures avec les entractes), même en plusieurs fois, je vous conseille de vous jeter sur le recueil 2. En y réfléchissant, je ne sais pas si je serais sorti aussi enthousiaste du théâtre la première fois si j'avais commencé par le recueil 1 mais qui est tout de même bien bon quoi qu'il en soit! D'ailleurs, chose amusante, le théâtre était blindé pour ce premier recueil alors que pour le recueil 2, il était bien rempli mais loin d'être complet, c'est peut-être une coïncidence par rapport au jour de la semaine où j'étais venu ou alors signe que le recueil 1 ne donne peut-être pas forcément envie à tous les spectateurs de voir la suite. En tout cas moi je trouve que le spectacle vaut le coup d'être vu dans son intégralité!


02 avril 2008

"Mes meilleurs ennuis"

Théâtre 2/4

J'y connais rien à l'Édit de Roussillon, toujours est-il que ce 1er avril je suis allé voir une comédie, "Mes meilleurs ennuis" de Guillaume Mélanie, au Café d'Edgar qui, comme son nom l'indique, était un véritable café-théâtre situé sur le boulevard Edgar Quinet à Paris. Dans la salle où se jouait la pièce (il y a 2 salles et en fait la petite s'appelle donc le Café d'Edgar et la grande le Théâtre d'Edgar), on pouvait caser une cinquantaine de personnes au mieux et, au final, on devait être... 10 spectateurs! La scène était également minuscule et le rideau ressemblait plus à un rideau de douche qu'autre chose. Sans compter le fait que pendant la pièce on entendait ce qui se passait dans la rue derrière, voila de quoi être un peu dépaysé par rapport aux autres théâtres que j'ai eu l'occasion de fréquenter! Quand je suis arrivé devant la salle, une bonne demi-heure en avance, j'ai vu que la porte était entrouverte donc je suis rentré timidement et je suis tombé sur les acteurs en train de s'échauffer en quelque sorte et on m'a dit de revenir plus tard, c'était assez cocasse!

Pour ce qui est de la pièce, l'histoire est celle de deux frères habitant le même appartement et qui se réveillent un matin après une nuit bien arrosée. Ils doivent se préparer pour aller au mariage de leur soeur, laquelle doit se marier avec un militaire, ce qui n'est pas trop du goût des frangins. Or leur départ va être quelque peu retardé suite à une série de galères : entre la copine de l'un qui vient annoncer qu'elle pense être enceinte, entre leur ami dépressif au téléphone, entre leur soeur qui ne veut plus se marier, entre un autre de leurs amis recherché pour trafic de drogue et pour meurtre qui vient se cacher chez eux, entre une commissaire de police incorruptible qui vient alors faire une perquisition à leur domicile, entre les huissiers qui doivent passer incessamment sous peu saisir les meubles pour amendes impayées à la RATP, etc, etc... la matinée des deux compères risque d'être bien longue!

Nous voila donc face à une grosse comédie aux personnages caricaturaux à souhait (à noter que certains acteurs jouent plusieurs personnages dans la pièce), aux situations rocambolesques à l'extrême avec cris et gesticulations frénétiques de rigueur et aux dialogues pas toujours très fins. Je dirais : il faut aimer le genre! Personnellement, je ne suis pas spécialement fan mais j'ai quand même passé un moment sympathique au final car ça me changeait un peu de mes autres sorties, ne serait-ce que pour l'aspect "club" de la salle. Il faut dire aussi qu'il y avait quelques scènes assez surréalistes dans la pièce et quelques bons délires du genre numéros de danse ou passages à la "Benny Hill" où les acteurs sont même sortis dehors, j'imagine pas la tête des passants qui ont vu une bande de malades sortir dans la rue en criant et se courant après! Mais bon sinon rien de bien inoubliable non plus, ça faisait tout de même assez théâtre amateur avec la configuration de la salle, le peu de moyens évident et les nombreux fous rire des acteurs qui improvisaient quelques fois, ce qui n'est pas une remarque forcément péjorative de ma part d'ailleurs!

J'y connais toujours rien mais si vous n'êtes pas allergiques aux grosses farces un peu bruyantes et que vous aimez les vraies salles de café-théâtre alors cette pièce est susceptible de vous plaire.


28 mars 2008

"J'aime beaucoup ce que vous faites"

Théâtre 2/4

J'y connais rien aux risques sanitaires réels liés à l'utilisation de la téléphonie mobile, toujours est-il que je suis allé à la Comédie Caumartin à Paris voir la pièce "J'aime beaucoup ce que vous faites" de Carole Greep. L'histoire est simple : Carole et Charles, un jeune couple qui s'est retiré à la campagne depuis quelques mois, attendent la visite pour le week-end d'un couple d'amis parisiens, Marie et Pierre. Charles écrit des thrillers erotico-gores a priori assez minables tandis que Carole travaille on ne sait pas trop dans quoi et est plutôt de style bohème avec un sens de la décoration et de la cuisine particuliers. Quant à Marie et Pierre, l'une est une bimbo écervelée adepte de chirurgie esthétique qui travaille en tant que secrétaire de direction tandis que l'autre, assez imbus de lui-même, travaille dans la pub. Charles attend un coup de fil d'une éditrice avec qui son ami Pierre, qui doit donc arriver sous peu, l'a mis en contact. Pour mettre un peu de distance au cas où la réponse serait négative, il préfère laisser son répondeur allumé et ne pas répondre si le téléphone sonne, ce qui finit d'ailleurs par arriver. Sauf que ce n'est pas l'éditrice au bout du répondeur mais Pierre et Marie qui galèrent visiblement sur la route. Carole et Charles comprennent vite que, suite à un faux mouvement et parce qu'il était mal verrouillé, le téléphone portable de Pierre a composé leur numéro par inadvertance comme ça arrive parfois. Et si la conversation entre Marie et Pierre, qui ne se sont rendus compte de rien, est amusante au départ, comme toute engueulade quand un couple est perdu sur la route, elle devient beaucoup moins drôle au fur et à mesure pour Carole et Charles puisque leurs hôtes se lâchent méchamment sur eux! Le malheureux couple connaît ainsi tout le mal que pensent ce qu'ils croyaient être leurs amis à leur sujet. Au lieu d'annuler le week-end, ils décident de faire comme si de rien n'était et de s'"amuser" avec ces langues de vipère histoire d'étudier jusqu'où peut aller leur hypocrisie.

L'idée était donc plutôt bonne : traiter de l'hypocrisie quotidienne (telles que les fameuses expressions "je rigole" à la fin d'une vacherie qui est plutôt synonyme de "je le pense vraiment" ou encore les "j'aime beaucoup ce que vous faites mais..." avant de balancer une critique assassine) et avoir une bonne occasion de se venger et de se défouler sur des soi-disant amis adeptes de cette hypocrisie. Sauf qu'on dirait que l'auteur de la pièce n'a pas trop osé égratigner ses personnages. Au lieu que Carole et Charles en mettent plein la gueule à leurs hôtes de façon cruelle mais néanmoins subtile, on a l'impression que ce sont eux qui se font dominer et encore plus massacrer au final! Il faut attendre la fin de la pièce pour que leur vengeance, basée à nouveau sur les téléphones portables, éclate vraiment. Cependant on passe quand même un moment sympathique car il y a quelques bonnes répliques efficaces et de bonnes pointes d'humour cynique mais qui proviennent encore une fois souvent plus du couple hypocrite que du couple qui devrait jouer de façon sadique avec eux.

Bref, j'y connais toujours rien et j'aime beaucoup ce que vous faites mais n'ayez pas peur d'être plus incisifs messieurs dames les auteurs de comédies!


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