07 mars 2008
"Chat et souris"
J'y connais rien au langage des jeunes mais hier soir, je suis allé au théâtre en total freestyle comme ils disent (enfin ptet qu'ils disent plus ça). Bon, pas si total que ça vu que j'avais acheté mon billet en avance mais en tout cas je ne savais absolument rien de la pièce que j'allais voir, même pas le résumé. Ça pouvait être une tragédie grecque ou une comédie nudiste que ça ne changeait rien pour moi, ça allait être la surprise. La pièce en question était "Chat et souris" de Ray Cooney au Théâtre de la Michodière à Paris avec entre autres Francis Perrin et Jean-Luc Moreau, ce dernier jouant le rôle principal et étant en même temps le metteur en scène de la pièce. Comme on peut s'en douter avec ces deux noms sur l'affiche, on a eu le droit en fait à un gros vaudeville à la limite de l'amant-caché-dans-le-placard mais avec une touche de "modernité".
L'histoire est la suivante : un garçon et une fille de 15-16 ans se sont rencontrés sur internet, l'un habite à Ivry, l'autre à Montreuil et, coïncidence extraordinaire, ils portent tous les deux le même nom, à savoir Martin! Bon, pas si extraordinaire que ça en fait vu que des Martin il y en a des millions mais en plus, leurs pères se prénomment tous les deux Jean! Bon, admettons, des Jean Martin il en existe également plus d'un mais pour parachever le tout, leurs pères sont également tous les deux chauffeurs de taxi! Ces jeunes gens ont décidé de se rencontrer en vrai, la rencontre devant se dérouler dans la maison où habite la fille à Montreuil, mais leurs mères respectives leurs disent de demander d'abord la permission à leur père, le père de la fille devant partir dans 5 minutes et le père du garçon devant rentrer à la maison dans 10 minutes. Informé de la nouvelle, le père de la fille est absolument contre cette rencontre et pour cause, il est également le père du garçon! En effet, Jean Martin, interprété par Jean-Luc Moreau, mène une double vie depuis bientôt 20 ans et a deux foyers, deux femmes et deux enfants qui ne se connaissent évidemment pas! Il a également son meilleur ami Gilbert, interprété par Francis Perrin, connu seulement de sa famille de Montreuil, qui squatte un étage de l'appartement en attendant de trouver un travail. Gilbert doit partir en vacances avec son père en Belgique mais il va devoir repousser un peu son départ car il va devenir, bien malgré lui, le complice de son ami qui veut éviter la catastrophe qui se prépare : le fils Martin n'a pas attendu le retour de son père, qui a perdu du temps avec sa fille, et est en route vers le domicile de Montreuil!
Ok, c'est le gros bordel raconté comme ça mais en fait c'est encore pire sur scène! Les situations rocambolesques s'enchaînent, les comédiens courent partout, les portes claquent, ça gueule... bref la pièce peut rapidement devenir très fatiguante tellement ça fuse dans tous les sens! Mais au final, on a là quand même une pièce bien sympathique si on n'est pas réfractaire aux bons gros vaudevilles. Je ne suis pas particulièrement fan de ce genre mais il faut avouer que l'énergie des comédiens est assez communicative et que la pièce est quand même bien efficace. Cependant, on peut être bien perdu par moment car il faut dire qu'il y a un décor unique qui représente les deux foyers respectifs et donc il y a quelques scènes qui se passent simultanément dans ces deux foyers. On est d'ailleurs mis dans le bain dès la première scène avec les jeunes gens qui expliquent leur rencontre sur internet à leurs mères assises sur le même canapé (qui représente deux canapés différents si vous avez tout suivi mais même moi je suis perdu par mes explications vaseuses alors je vous en voudrais pas d'avoir pigé que dalle). Bref, "Chat et souris" n'est pas la grande pièce de l'année mais on passe vraiment un bon moment! En tout cas les comédiens semblent bien s'amuser également et se sont tapés quelques fou-rires sur scène.
J'y connais toujours rien mais je vais quand même me prendre des dolipranes.
05 mars 2008
"Héloïse"
J'y connais rien à la danse, je ne sais même pas danser le pogo, je me rétame toujours par terre à un moment ou à un autre, sachant que le premier moment c'est souvent au bout de 10 secondes et l'autre au bout de 15 secondes. Pourtant, je suis allé voir cette pièce, "Héloïse", au Théâtre de l'Atelier à Paris, une pièce de Patrick Cauvin et mise en scène par Patrice Leconte qui tourne donc autour du thème de la danse. J'y suis allé avec mon frère, ma soeur et son copain et quand nous sommes arrivés dans la salle, force est d'avouer qu'il n'y avait vraiment pas foule, ça m'a changé de toutes les autres pièces que j'ai fait où les théâtres étaient blindés pratiquement à chaque fois. Bon, tant mieux d'une certaine façon, parce qu'à la base nous étions super mal placés sur le balcon, complètement de côté, et là, comme on avait l'étage à nous tout seul, on pouvait se placer où on voulait.
Pour en venir à la pièce, l'action se déroule dans un cours de danse, le "Héloïse et Roméo", tenu seulement par Monsieur Roméo, interprété par l'excellent acteur Rufus. On ne sait pas ce qu'est devenu Héloïse ni même qui elle était vraiment, est-elle partie, est-elle morte, ..? Ce vieux professeur de danse est plus un confident et un psychologue que réellement un professeur et il a de quoi faire avec ses peu nombreux élèves qui ont tous leurs soucis et leurs secrets. Il y a d'abord ce couple, Serafina et Ramos, qui s'entraînent pour un concours de danse européen senior, du moins c'est ce qu'ils disent, mais qui peinent car Serafina est angoissée par le poids des années; il y a Aristide, un enseignant, du moins c'est ce qu'il affirme, qui vient se défouler en dansant du rock; il y a également Madame Delat, un brin aristocrate, qui vient apprendre la valse pour le mariage de sa fille, du moins c'est ce qu'elle raconte, et enfin, il y a Mona, une jeune femme au coeur solitaire qui vient de pousser timidement la porte du cours de danse de Monsieur Roméo pour apprendre à danser autre part qu'au fond de sa boutique de retouches de vêtements.
Comme je l'ai indiqué à demi mots dans l'introduction de cette note, je ne suis pas du tout amateur, même visuellement parlant, de danses du genre tangos, mambos et autres rumbas qui sont très présentes dans cette pièce et pourtant je suis sorti du théâtre tout à fait conquis! Il faut dire que cette pièce est fine, légère voire désuète mais dans le bon sens du terme, c'est-à-dire hors du temps. Bon, l'histoire en elle-même ne m'a pas emballé plus que ça mais il faut rendre hommage aux acteurs qui sont tous excellents et qui font passer un très bon moment! Je trouve qu'au théâtre il y a toujours un acteur plus ou moins faiblard par rapport aux autres mais là ils étaient tous très justes dans leur rôle et puis en plus ils savaient vraiment bien danser pour la plupart. Sinon on est loin de l'univers de "Les bronzés", ici l'humour est tout en finesse et on rigole pourtant assez souvent sans que ce soit évidemment une pièce avec un gag toutes les minutes, très loin de là, mais on ne s'ennuie pas une seconde. Concernant les décors, j'ai l'impression qu'on est souvent bien gâté à Paris parce qu'encore une fois, c'était du bon boulot avec une salle de cours de danses de salon plus vraie que nature.
J'y connais toujours rien mais je recommande chaudement cette pièce que ce soit aux amateurs de danse qu'aux hérétiques comme moi.
03 mars 2008
"Batailles"
J'y connais rien au théâtre contemporain, par contre j'avais vraiment envie de voir Pierre Arditi au théâtre, c'est chose faite hier avec "Batailles", une pièce de Roland Topor et Jean-Michel Ribes qui se jouait au Théâtre du Rond-Point vers les Champs-Elysées. Les auteurs de la pièce ne vous évoquent sûrement rien à part peut-être si je vous dit que Roland Topor, décédé en 1997, est le créateur de "Téléchat", l'émission jeunesse qui a traumatisé une génération d'enfants dans les années 80 (mais pas moi, j'en garde un très bon souvenir au contraire). Quant à Jean-Michel Ribes, il a créé entre autres l'émission "Palace" dont d'ailleurs Roland Topor a participé à l'écriture. Pour ceux qui ont déjà vu les émissions que je viens de citer, ils peuvent s'imaginer assez aisément la teneur de la pièce qui était en fait une série de sketchs à l'humour complètement décalé.
Outre Pierre Arditi, il y avait François Berléand et Tonie Marshall qui jouaient dans cette pièce mais il faut avouer que c'est Pierre Arditi qui retient toute l'attention. Il faut dire que François Berléand n'a que des rôles de faire-valoir et de looser dans les différents sketchs et n'a pas énormément de dialogues par rapport à un Arditi fidèle à son image d'homme élégant avec un bon bagout. Quant à Tonie Marshall, elle n'a que deux saynètes avec les deux hommes et encore, ce ne sont que de brèves apparitions. Par contre elle a deux sketchs en solo assez amusants. Ça ne servirait d'ailleurs pas à grand chose que je me lance dans le résumé de ces sketchs qui sont basés sur un humour bien farfelu mais si vous appréciez les dialogues avec plein de non-sens alors vous devriez bien aimer cette pièce, moi en tout cas je n'ai pas vu l'heure et demi passer même si je dois avouer que le théâtre le dimanche après-midi c'est assez rude (j'imagine même pas comment ça va se passer pour "Le Misanthrope", dimanche dans deux semaines, qui durera 3h).
En tout cas, mention spéciale pour les décors qui étaient vraiment chouettes et ingénieux comme par exemple celui de la première saynète qui se passait en pleine mer avec un bout de cabine de capitaine de paquebot et un radeau à la dérive. Les vagues étaient représentées par des draps et il y avait un mécanisme qui faisait que ces vagues bougeaient et les radeaux se balançaient. La saynète finie, Tonie Marshall apparaît dans un décor représentant un balcon qui s'avance tout seul du côté droit vers le milieu de la scène devant les rideaux. Ainsi, pendant qu'elle jouait, le décor suivant pouvait être installé à l'abri des regards puis, sa prestation terminée, son balcon repartait tout seul et les rideaux s'ouvraient pour dévoiler le décor suivant et ainsi de suite. En tout, il y avait cinq sketchs de qualité plus ou moins variable mais tous drôles à leur façon. Un dernier mot sur le théâtre qui était certainement le plus confortable de ceux que j'ai eu l'occasion de fréquenter pour l'instant, j'y reviendrai avec plaisir!
Voila, j'y connais toujours rien mais ça m'a donné envie de rematter quelques épisodes de "Téléchat".
29 février 2008
"Bérénice"
J'y connais rien à Jean Racine, enfin disons qu'on a dû étudier quelques unes de ses pièces à l'école (et encore, je me demande si l'Éducation Nationale ne lui préférait pas Pierre Corneille) mais si c'est le cas, j'avoue que je ne m'en rappelle d'aucune. Il faut dire que mes maigres contacts avec le théâtre classique tragique n'ont pas vraiment marqué mon existence. Par contre, pendant ce temps, qu'est-ce que j'en ai programmé des calculettes! Nan, moi ce que j'aime bien, c'est la grande famille du cinéma donc du coup quand j'ai vu qu'il y avait "Bérénice" avec Lambert Wilson (également metteur en scène de la pièce) et Carole Bouquet qui se jouait à Paris, je me suis dit que ça serait une bonne occasion de combler un peu mes lacunes. Je sais c'est con mais moi j'aime bien voir des acteurs de cinéma à la réputation parfois internationale jouer au théâtre. On les voit en vrai déjà et ça, tout lecteur de Voici et de Gala vous dira que c'est une raison imparable, et en plus j'ai l'impression que leur talent d'acteur est bien plus mis à l'épreuve au théâtre que dans un film. Enfin bon, en même temps j'y connais rien.
Tout ça se passait au Théâtre des Bouffes du Nord au boulevard de la Chapelle et j'ai trouvé ce théâtre vraiment étonnant! En effet, déjà on a l'impression que c'est un théâtre en travaux : on dirait que tous les murs ont été mis à nu, au balcon où j'étais l'aspect était rude, les sièges complètement sommaires, ... A ce que j'ai compris, ce théâtre a été à l'abandon pendant plus de 20 ans et en 1974 les repreneurs ont décidé de le restaurer juste le minimum et de laisser encore apparentes les marques du temps. Autre chose étonnante dans ce théâtre, c'est qu'il n'y a pas de scène! Enfin ce que je veux dire c'est qu'il n'y a aucune séparation entre la première rangée de sièges et l'espace où se déroule la pièce, pas de scène surélevée, pas de rideaux. En même temps, peut-être que d'habitude il y en a une et que c'était configuré comme ça spécialement pour la pièce. De même, je pensais qu'ils avaient utilisés les décors "naturels" du théâtre comme les piliers, les espèces de gravures sur le sol, ... mais d'après les photos du théâtre que j'ai regardé sur internet, ces éléments ne sont pas d'origine. Du coup je tire un grand coup de chapeau au créateur du décor qui a su complètement fondre celui-ci dans l'architecture du théâtre tout en lui donnant un aspect antique, bluffant! A noter que le théâtre était tellement plein qu'il y a des gens qui étaient assis tout devant sur des coussins, genre y a une pièce qui se jouait dans leur salon quoi!
Venons-en à la pièce justement. Alors là, au début j'ai dû sérieusement m'accrocher! C'est sûr que ça change de "Amour et chipolatas" ou de "Le clan des divorcées"! Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas entendu de pièce en alexandrins et du coup il fallait bien se concentrer pour comprendre les dialogues. J'avais vraiment peur au bout d'une demi heure de la pièce de ne pas tenir le coup, peut-être que c'était l'expérience théâtrale de trop pour moi, mais au final je n'ai pas trop vu l'heure suivante passer et j'ai à peu près compris l'histoire. Enfin je dis ça mais ça se trouve j'ai rien compris du tout! Je me lance : y a ce mec, le prince Antiochus, qui est amoureux en secret de la reine Bérénice (interprétée par Carole Bouquet) depuis 5 ans. Sauf que y a un hic, Bérénice elle est très amoureuse de Titus (interprété par Lambert Wilson), empereur romain, qui est très amoureux d'elle en retour même s'il ne lui a plus trop parlé depuis un certain temps parce qu'il faisait le deuil de son père mais bon voila, le deuil ça va bien un moment. Bref, Titus et Bérénice ont comme projet de se marier donc normalement ça plane carrément pour eux! Ouais, 'fin sauf qu'on est dans une pièce de Racine alors forcément va y avoir une embrouille! Là j'ai pas trop compris mais apparemment à Rome y a une loi qui dit qu'un empereur ne doit pas se marier à une reine étrangère, c'est super mal vu par le peuple, et il le savait ça cette andouille de Titus! Alors maintenant il nous la joue le mec meurtri résigné à larguer sa promise au profit de sa propre gloire sauf que, comme tous les hommes, il est super lâche et du coup il est incapable d'annoncer lui-même la nouvelle à Bérénice. Et devinez ce qu'il trouve de mieux à faire? Il demande à son ami Antiochus (vous savez, l'amoureux secret de Bérénice mais que Titus, il le sait pas encore ça), d'annoncer la nouvelle à sa place! Faut savoir qu'Antiochus, juste avant, avait révélé son amour à la reine Bérénice qui ne l'a pas trop bien pris, du coup il s'apprêtait à fuir Rome parce que comme on dit, loin des yeux, loin du coeur (mais par expérience, je sais que ça marche pas trop cette technique). Ben forcément, quand il explique à Bérénice que Titus l'abandonne, celle-ci croit que c'est un mensonge pour briser son couple et répudie Antiochus qui est complètement dégoûté parce qu'au fond de lui, il avait l'espoir à terme de se la faire. Bref, est-ce que Titus va aller à l'encontre des lois et se marier à Bérénice? Ou alors est-ce que finalement Antiochus va se réconcilier et repartir avec la belle? C'est tout le suspens de la pièce! Enfin... on sait que de toute façon ça va se finir mal pour tout le monde donc y a pas trop de suspens en fait. Notons que chez Racine (et sûrement chez les autres dramaturges mais j'y connais rien) il y a un mot fatal pour bien exprimer son désarroi, c'est "hélas", à prononcer : "hélaaaaaaaaaas!!!".
Bon, maintenant je ne sais plus trop quoi dire de constructif sur la pièce à part que j'ai trouvé que dans l'ensemble, les acteurs étaient plutôt bien choisis. Je trouve Carole Bouquet vraiment classe et encore belle pour son âge, par contre j'ai eu du mal avec Lambert Wilson mais pas à cause de son jeu... mais à cause de sa voix, j'ai découvert que j'aimais pas trop sa voix. C'est con, ça tient à peu de chose l'opinion sur un acteur des fois. J'ai bien aimé le comédien qui jouait Paulin, le conseiller de Titus ou un truc du genre. Normalement c'est Georges Wilson, le père de Lambert Wilson, qui joue le rôle mais ce soir là, c'était Michel Baumann et avec son costume de vieux sage romain, ses cheveux blancs et sa barbe blanche, j'ai trouvé qu'il avait une bonne tête de Zeus (bon je sais, c'est un dieu grec et pas romain mais je dis c'que j'veux!). Par contre, pour aborder un autre sujet, autant dans les autres théâtres j'étais toujours bien installé même si je choisis les places les moins chères, autant là j'ai bien souffert au premier rang du balcon, les genoux écrasés contre le muret devant moi. J'imagine même pas si je faisais 20 cm de plus!
Bref, j'y connais toujours rien... hélaaaaaaas!
26 février 2008
"Le clan des divorcées"
J'y connais rien à la réglementation sanitaire, toujours est-il que ma piscine (rue de Pontoise represent!) est fermée toute la semaine. Du coup, il a fallu que je trouve quelques sorties supplémentaires pour compenser. Évidemment, je m'en suis occupé encore une fois au dernier moment donc me voilà le dimanche soir en train de chercher désespérément une pièce de théâtre pour le lendemain. Quand je dis désespérément j'exagère pas, j'ai failli craquer et me prendre une place pour "Le dîner de cons" avec Arthur et Dany Boon! Heureusement, j'ai évité le pire et j'ai trouvé cette pièce, "Le clan des divorcées" de Alil Vardar, à La Grande Comédie de Paris.
Comme on peut s'en douter, c'était une grosse comédie bien populaire mais personnellement je ne suis pas du tout méprisant de ce genre là et même si j'étais un peu sur mes gardes au début, j'ai vraiment passé un bon moment au final! L'histoire est très simple, une aristo, Stéphanie d'Humily de Malanpry, qui a divorcé de son mari avec qui elle a passé 5 ans en Ardèche, cherche des colocataires pour son appartement parisien. C'est une certaine Brigitte qui vient visiter l'appartement en première. Et là je me suis dit "Oh merde! Je suis tombé sur une pièce avec Cauet!". En effet, la Brigitte en question est interprétée par un homme qui de loin avait la même bouille que l'autre gros beauf de TF1 (heureusement, je ne m'étais fait qu'une frayeur). Mais on n'est pas devant "Ma femme s'appelle Maurice" et donc c'est vraiment une femme dans la pièce, pas un travesti. Brigitte est une ancienne sportive de haut niveau (une "Jockeytte", mais son cheval s'est pendu) native de Tarbes qui s'est également séparée de son mari maroquinier à Clermont-Ferrand. Ce personnage est le plus volubile de tous et le comédien qui l'interprète (Daniel jean Colloredo je crois mais il y a une alternance de comédiens chaque soir donc je ne suis pas sûr) porte vraiment toute la pièce sur ses épaules avec un bon rendement de vannes à la minute! Il s'amuse même avec le public certaines fois, en tout cas il m'a bien fait marrer, j'ai trouvé son énergie communicative! On a donc le droit à un flot d'expressions et de bonnes répliques du genre "Bisous-kissous!", "Vous savez ce qu'on dit, un de perdu... oui je sais, 10 ans de recherche! Et avec un physique comme le mien, il faut aimer la recherche!", "Ma plus grande nuit d'amour c'est la nuit du Beaujolais Nouveau!", "On doit s'éclater sa race à Clermont-Ferrand...! Euh oui, c'est tout à fait réputé pour ça..." (cette réplique m'a bien fait rire parce que y a à peine plus de 2 semaines, j'ai erré dans les rues de cette ville un dimanche soir à la recherche désespérée d'un bar ouvert et j'ai du croiser 3 autochtones en une heure), etc... Sinon pour finir, il y a une troisième colocataire qui arrive, Mary, une superbe blonde à fort accent anglais et qui, comme on peut s'en douter dans ce genre de pièce, est une ravissante idiote volage qui s'est séparée d'un homme de plus. Ces femmes vont finir par passer ensemble par les petites annonces pour trouver l'homme idéal.
Je disais que j'avais été réticent au départ parce que l'interprétation des personnages est quand même vraiment très exagérée, que ce soit au niveau des accents qui n'étaient pas toujours une franche réussite (je n'ai pas trop trouvé que l'accent de Brigitte était un accent gascon et l'accent anglais de Mary était une caricature très grossière) qu'au niveau du jeu de scène... ça surjoue à donf! Mais en même temps c'est un peu le but de la pièce de caricaturer à tout va et d'enchaîner les gags non stop. Du coup, on se laisse rapidement porter par la comédie et on se marre franchement (et l'actrice qui joue Mary est franchement très agréable à regarder)! Ce qui m'a vraiment gêné en fait c'est le public. Bon, qu'il se marre tout le temps et bruyamment même aux blagues (volontairement) pas drôles passe encore, c'est quand même plus sympa un public qui s'amuse qu'un public qui s'emmerde. Par contre, les gens qui commentent pendant la pièce et surtout, surtout qui répètent chaque vanne qu'ils ont trouvé drôle ça devenait franchement lourd par moment! Parce que du coup, parfois ils n'entendaient pas la suite des répliques et on avait le droit à des "qu'est-ce qu'elle a dit là???". Enfin bon, ça ne m'a pas gâché mon plaisir et encore une fois, c'était vraiment très sympa et divertissant!
J'y connais toujours rien mais on a quitté la salle sur la chanson "Love is all" et ça me fait toujours plaisir d'entendre les gens siffloter cette chanson écrite par Roger Glover de Deep Purple et chantée par Ronnie James Dio, l'inventeur du heavy metal sign! Oui, des fois il faut savoir conclure sans transition en mettant des références au top du culturel dans un blog culturel.