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Les notes de la catégorie "Théâtre"

10 septembre 2010

"Les amis du placard"

Théâtre 3/4

J'y connais rien au Petit théâtre de Bouvard mais l'autre jour je suis allé voir la pièce "Les amis du placard" de Gabor Rassov au théâtre La Pépinière à Paris avec entre autres Didier Bénureau et Romane Bohringer. D'ailleurs c'est en commençant l'intro de cette note que je viens de me rendre compte que c'était cette dernière qui jouait un des rôles principaux, j'avais complètement zappé en achetant mon ticket et je ne l'ai pas du tout reconnue de là où j'étais placé! Faut dire que la physionomie et moi ça a toujours été assez conflictuel...

"Les amis du placard" raconte l'histoire d'un couple, Odile (jouée par Romane Bohringer) et Jacques (interprété par Didier Bénureau) qui nous racontent comment, au détour d'une offre promotionnelle dans un super marché, ils se sont achetés un couple d'amis pour égayer leurs mornes soirées. En effet, dans cette société, il est maintenant courant que des personnes au chômage ou en fin de droits vendent leur amitié sous forme contractuelle avec des grands magasins. Il est stipulé dans ce contrat que les propriétaires de ces nouveaux amis doivent au minimum les loger et les nourrir. C'est ainsi que le couple d'amis acheté par Odile et Jacques est nourri avec les restes de leur repas et logés dans le placard du salon dont ils ne peuvent sortir que selon les envies de leurs propriétaires. Inutile de préciser qu'Odile et Jacques sont parfaitement odieux et cyniques, disons surtout Jacques car Odile ne respire pas vraiment l'intelligence et est plutôt docile avec son mari. Mais cette bêtise ne flirte pas moins avec la méchanceté pour autant. Au départ peu exigeants ni vraiment contraignants, Odile et Jacques vont petit à petit demander plus de preuves d'amitié de la part de leur achat...

Sans avoir affaire à la comédie de l'année j'ai plutôt bien apprécié cette pièce! Très drôle par moment, elle donne aussi furieusement envie de se lever de son siège et de frapper le couple joué par Bohringer et Bénureau parfaitement odieux par leur bêtise et leur prétention crasses bien qu'il n'y ait pas vraiment de moment avec beaucoup de tension, sur ce point la pièce aurait pu aller encore un peu plus loin dans le malaise éprouvé parfois. Il y avait aussi quelques longueurs par moment mais sinon c'était quand-même une pièce bien sympathique et finalement tellement proche de la réalité malgré la caricature. C'est surtout le personnage de Jacques qui est le plus criant de vérité, on reconnaîtra tous en lui une ou plusieurs personnes du même cynisme idiot voire nos propres travers. Finalement, est-ce que nous ne nous comportons pas un peu de la même façon avec certains de nos "amis" en les voyant quand on se sent seul ou quand on s'ennuie et en les rejetant dès qu'on ne ressent plus le besoin de leur présence dans nos vies? Sinon, à noter un curieux et osé spectacle de "marionnettes X" vers la fin de la pièce, de quoi égayer la soirée de certains.

J'y connais toujours rien mais je tiens à dire que j'ai été agréablement surpris par Didier Bénureau qui était vraiment parfait dans son rôle. Une pièce que je recommande donc de voir seul ou... entre amis.


09 septembre 2010

"Le bal des couillons"

Théâtre 2/4

J'y connais rien aux retours triomphaux mais cela fait quasiment 2 ans que j'ai laissé pourrir ce blog bien comme il faut! En même temps, j'ai l'impression que c'était plus mon journal intime qu'autre chose vu que les seuls visiteurs que j'ai eu tout ce laps de temps étaient d'efficaces robots de spam... Mais bon, une envie soudaine de reprendre ce fructifiant monologue m'est venue aujourd'hui. Ouais 'fin bon, avouons-le, de toute façon depuis la dernière note de ce blog en décembre 2008 j'ai mis plus souvent les pieds dans un bar que dans une salle de théâtre. En 2009 j'ai du voir en tout et pour tout 7 malheureuses pièces à Paris : encore le spectacle de Fabrice Luchini mais à l'Espace Pierre Cardin cette fois (sympa mais pratiquement exactement la même chose que la première fois que je l'ai vu au Théâtre de la Renaissance et en plus j'étais super mal assis sur une marche d'escalier parce que ces boulets avaient mal géré le nombre de spectateurs), "Un garçon impossible" au Théâtre du Rond-Point (sympathique également avec une histoire assez barrée et loufoque mais cette fois-ci c'était moi le boulet puisque je m'étais perdu en route - une fois de plus - et que j'avais donc loupé bien 10 minutes du début de la pièce), "Tout le monde aime Juliette" au Théâtre du Splendid (avec Marilou Berry, la fille de Josianne Balasko, dans le rôle titre. Une pièce plutôt marrante, un poil cynique et cruelle mais au final assez mignonne), "Kiss DB" au Théâtre Essaion (une petite comédie musicale sur la mort, pas désagréable) et, après 6 mois de pause plus ou moins alcoolisée (plus en fait), "20 000 lieues sous les mers" au Théâtre Dejazet (une adaptation plutôt rigolote de l'oeuvre de Jules Verne avec de sympathiques effets spéciaux dont une sublime attaque du public par un poulpe géant gonflable dont les tentacules touchaient quasiment le bout de la salle), "La douleur" au Théâtre de l'Atelier (un monologue d'après le texte de Marguerite Duras, très bien porté par Dominique Blanc), "La nuit des rois" au Théâtre Comedia (une plutôt bonne adaptation du texte de Shakespeare) et enfin "Le Quatuor" au Théâtre des Variétés (j'y étais allé parce que c'est une nouvelle fois ma soeur qui avait fait les costumes mais j'ai passé un bon moment quand-même).

Et ensuite... plus rien! L'année 2010 ayant été plus riche que jamais en houblon plus qu'en n'importe quoi d'autre... Bon attention, je n'ai pas été qu'un gros sac à vin durant tout ce temps hein! J'ai voyagé quand-même un petit peu : Maroc, Bahamas, Norvège, Suède, Danemark, Etats-Unis, Autriche, Espagne, Angleterre, Pologne, Roumanie, ... sans compter mes nombreuses escapades en France juste dans le but de visiter les villes que je ne connaissais pas encore et sans compter non plus les habituels festivals de musique de bourrins en terre germanique entre autre. Mais voilà, à part des musées à chacun de mes voyages, je n'ai pas fait des masses de choses particulièrement "culturelles" depuis 2 ans (quoique, visiter les pubs des villes de France et du monde entier c'est assez enrichissant... surtout pour les barmen). Alors pourquoi est-ce que je reviens nourrir ce blog aujourd'hui? Cela tient en 3 mots : mon régime annuel! Parce que c'est bien beau de faire la fête avec les amis tout ça, de se coucher complètement beurré à 6h30 pour repartir au boulot à 8h30 (bon OK, je me la raconte, ça a dû m'arriver 3-4 fois tout au plus) mais au final ça se paye et me voilà avec 8Kg en trop dans ma face (enfin surtout dans mon ventre) et l'impression de m'être bien éclaté cette année et d'avoir été bien entouré mais aussi la moins agréable impression d'avoir laissé de côté certaines choses qui font que je me sens quand-même aujourd'hui un gros puerco autant physiquement qu'intellectuellement.

Bref, j'ai donc décidé que plus que sous le signe de la diète, des exercices physiques qui font mal aux bras et de l'isolement, ce régime 2010 serait également sous le signe d'une rentrée théâtrale et la réouverture de ce blog est un moyen supplémentaire de me motiver à bouger mes grosses fesses pour vous faire partager (oui je me vouvoie) mes émois. Bon par contre je vais arrêter les conneries de raconter mes sorties aux musées ou de donner mes impressions sur le dernier téléfilm catastrophe que j'ai vu sur TF1, je me rends compte que c'était pas super passionnant (mais je laisse tout de même les notes que j'ai écrites à ce sujet sur ce blog, parce que le monde ne doit pas oublier les atrocités qui se sont déroulées dans son histoire proche). Je n'ai pas non plus super envie de raconter les films que j'ai vu au ciné, en même temps je suis allé voir exactement 4 films en 2 ans donc bon... En gros vous l'aurez compris, place entièrement au théâtre!

Alors donc, la première pièce que je suis allé voir dans le cadre de ce que nous nommerons "opéréchionne redjime tou-fazeune-tène" était "Le bal des couillons" au théâtre Le Triomphe à Paris. Bon, je parlais de la notion de "culturel" un peu avant dans mon long monologue totalement égocentrique mais on ne peut pas dire que théâtral rime forcément toujours avec cérébral. Dès qu'on arrive devant l'entrée du théâtre, on est accueilli par un grand gaillard bien costaud (dans tous les sens du terme) et on sent que lui, il est là pour foutre l'ambiance mais un peu du genre rabelaisien. Installés dans la (petite) salle, il nous demande de faire du bruit pour la pièce tout ça... J'avoue que c'est typiquement le genre de truc qui me gonfle et qui annonce une pièce qui ne va pas atteindre des sommets de réflexion, j'en veux pour preuve la médiocre pièce "Petits mensonges entre amis" qui utilisait le même procédé. Attention, je ne veux pas faire mon parisien pédant qui vient enrichir son esprit en allant au théâtre et qui méprise les pièces "populo" mais je demande au minimum de ne pas avoir l'impression d'être dans une émission télé avec un chauffeur de salle qui fait faire des réactions absolument pas sincères à un public à qui on empêche en quelque sorte tout libre arbitre. Bon OK j'exagère, c'est le régime qui me rend agressif mais voilà quoi, j'aime pas ça!

Bon, la pièce qu'est-ce qu'elle raconte? Alors ça tient sur un timbre poste : Pierre-Henri Semance ("avec un A"), un bobo-avocat parisien, a acheté la maison à côté de la ferme de Marcel Troupeau ("avec des vaches") dans la rurale bourgade de Crénon-les-Tablettes. Va s'en suivre un choc des cultures et quelques péripéties car la maison de Troupeau... est hantée par le fantôme de sa femme. Comme je le prévoyais avec le chauffage de salle précédent, cette pièce ne vole pas bien haut. Déjà les personnages sont ultra caricaturaux... mais des caricatures des années 70! Le paysan passe ses journées à boire de la gnôle dans sa maison où l'élément le plus moderne est un téléphone du début du XXème siècle et le parisien a un langage précieux, roule en 4X4 et n'a jamais vu une vache de sa vie. Ce soir là c'était la dernière de la pièce dans ce théâtre (et d'ailleurs c'était la dernière pièce tout court pour Le Triomphe car ce dernier va changer de propriétaire et de nom) et les comédiens vont partir en tournée en province et là je me demande... comment les gens qui connaissent un minimum le milieu rural et qui savent que les paysans ont l'électricité, internet et même des téléphones portables (si si!) vont réagir face à cette pièce écrite visiblement par des parisiens pour les parisiens dont le dernier film sur les paysans qu'ils ont vu est "La soupe aux choux" (d'ailleurs c'est le thème de ce film qui est passé à la fin de la pièce)? J'avoue, je suis un peu dur et je mentirais si je disais que je n'ai souri à aucun moment pendant la pièce, il y avait quelques répliques bien senties mais tout le reste était quand-même bien pataud! Par exemple, les vannes sur Sarkozy étaient vraiment foireuses et pas très élevées. Je n'ai aucune sympathie particulière pour ce type mais bon, je trouve toujours ça un peu nase les blagues sur l'actualité dans une pièce de théâtre surtout quand ça manque cruellement de finesse et d'intelligente causticité. Bref, vous l'aurez compris, si elle n'est pas exempt de bons moments, je n'ai pas non plus trouvé cette pièce bien terrible terrible...

J'y connais toujours rien mais je tiens à dire que je ne suis pas de mauvaise foi et que si j'ai été un peu radical au sujet de ce "Bal des couillons" c'est parce que je sais qu'il est tout à fait possible de faire une pièce populaire, intelligente, en dehors des clichés et extrêmement drôle sur le milieu rural, lisez donc pour vous en convaincre ma chronique de la formidable pièce "Chacun sa croix!".


17 décembre 2008

"Revoir Marie"

Théâtre 3/4

J'y connais rien à l'Afrique noire mais je suis allé hier soir au Théâtre Tallia à Paris pour voir la pièce "Revoir Marie" de Xavier Heriss avec le comédien Hervé Terisse seul sur scène. "Revoir Marie" raconte l'histoire d'un homme blanc parisien à la vie peu palpitante du nom de Xavier Herisson (pratiquement comme le nom de l'auteur de la pièce, si vous ne l'aviez pas remarqué, en précisant toutefois que Xavier Heriss est un pseudonyme car l'auteur s'appelle de son vrai nom Nicolas Robin). Xavier bosse chez Quick et la seule chose notoire qui lui soit arrivée dans sa vie récemment est sa rencontre avec une certaine Marie, une étudiante à la Sorbonne dont il est tombé amoureux et ce sentiment semble en plus réciproque. Il a d'ailleurs rendez-vous chez elle un soir mais ses souvenirs s'arrêtent brusquement lorsqu'il est derrière la porte de son appartement, une bouteille de vin à la main, et il se réveille tout d'un coup dans un lieu inconnu sous une chaleur étouffante. Il se rend compte avec horreur qu'il s'est retrouvé quelque part en Afrique dans le corps d'un autre, en l'occurrence dans le corps de Piocr, un homme noir membre de la tribu des Magadus. Tout d'abord complètement interloqué, il va se faire rapidement à son nouveau corps, à sa nouvelle vie et à son nouvel environnement plutôt hostile et va vivre devant nous quelques aventures périlleuses qui feront appel à son courage qui était plutôt endormi dans son existence européenne. Mais un jour, son désir le plus profond est de revoir Marie, même s'il n'a toujours pas retrouvé son corps de Xavier, et il se lancera alors dans une expédition toute aussi dangereuse.

L'art du monologue est plutôt un art difficile mais Hervé Terisse s'en sort très bien, jouant parfaitement le parisien un peu paumé à la vie morne qui se retrouve dans un lieu complètement hostile de prime abord. Il arrive même à nous faire imaginer qu'il est vraiment devenu noir et, sans aucun décor, à nous transporter dans des paysages "exotiques". Tout cela pouvait assez faire penser à la pièce "Pourquoi j'ai mangé mon père" sans pour autant aller aussi loin dans le mime. Le texte était plutôt bien écrit et tout cela était très surréaliste, l'interprétation de l'histoire reste donc assez ouverte pour le spectateur : est-on dans l'inconscient de Xavier qui imagine en fait toute cette histoire car il a peur pour son rendez-vous et qu'il a besoin de s'inventer un personnage plein de courage qu'il n'est pas dans la vraie vie? Ou alors s'est-il réellement transformé et cette histoire ne se répète-t-elle pas constamment dans des corps différents? En somme, nous voila en présence d'une pièce bien originale, avec des moments drôles et d'autres plus dérangeants. La pièce souffre tout de même de quelques longueurs, surtout dans sa dernière partie, malgré qu'elle ne dure qu'une heure. Mais bon, dans l'ensemble j'ai vraiment bien aimé! La seule chose qui m'ait refroidie c'est le fait que dans la salle... on était 4! Ça m'a fait du mal pour le comédien et en même temps j'ai beaucoup de respect pour ces artistes qui donnent le meilleur d'eux-même sur scène quelle que soit l'affluence. Enfin, autant dire qu'au moment des applaudissements c'était un peu glauque quelque part.

J'y connais toujours rien mais cette pièce est plus que probablement la dernière de l'année pour moi et je ne devrais pas réécrire dans ce blog avant un bon mois, un voyage au Maroc et aux Bahamas s'enchaînant dans quelques jours (oui, il fallait que je fasse un joli final dans cette note où je me la pète comme il faut!). En tout cas, niveau théâtre, voila une année qui a été très riche avec une majorité d'excellentes pièces! Toutefois, l'année prochaine je vais certainement lever un peu plus le pied et ne faire seulement qu'une pièce de théâtre par semaine mais bon, qui vivra verra!


16 décembre 2008

"On va tous mourir (et autres saynètes désopilantes)"

Théâtre 3/4

J'y connais rien à l'Apocalypse selon Saint Jean mais je suis allé la semaine dernière au Théâtre de Nesle à Paris pour voir la pièce "On va tous mourir (et autres saynètes désopilantes)" écrit et mis en scène par Olivier Banaddi qui joue également dans la pièce accompagné de 5 autres jeunes comédiens qui forment avec lui la compagnie du nom de Tu N'Étais Pas Mon Premier Choix. Comme le nom de la pièce et de la troupe l'attestent, nous avons affaire là à une série de sketchs à l'humour noir lorgnant de Pierre Desproges à Kad & Olivier (j'ai mes références mais bon, j'adore ces derniers et certains sketchs du spectacle m'ont fait penser à eux). Et je ne regrette absolument pas le déplacement car voilà de l'humour qui sait être drôle sans être ni policé ni gras et bas du front au contraire de la pièce précédente que j'avais vu pour prendre un exemple pas tout à fait au hasard. Comme c'est une série de sketchs indépendants, toutefois parfois liés entre eux, il y a du bon (de l'excellent même) et du moins bon (mais jamais mauvais). Cependant, il n'y a pas pour autant de baisse de rythme au cours de la pièce et on ne s'ennuie pas une seconde! Les sketchs sont bien grinçants ce qui n'empêche pas certains d'être vraiment à se tordre de rire comme, entre autres, cette émission de radio pour dépressifs ou ce spectacle de Guignol raciste. Le sketch final est vraiment excellent également puisque nous avons le droit à l'oraison funèbre du spectacle (nous avions le droit au début à une saynète sur sa naissance) ce qui est une sacrée bonne idée! La mise en scène était ingénieuse et quelques personnages étaient bien marquants comme ce Monsieur Pipeau, une marionnette qui vit dans un monde merveilleux où on aime pas trop les castors quand-même.

Bref, j'y connais toujours rien mais voila une pièce réjouissante qui prouve que l'humour noir n'est paradoxalement pas encore mort. Le Théâtre de Nesle est en tout cas un lieu qui se prête bien à ce genre de pièce puisque la salle est dans une sorte de cave comme le Théâtre Essaïon. En somme, je vous invite plus que vivement à y aller!


05 décembre 2008

"Petits mensonges entre amis"

Théâtre 2/4

J'y connais rien aux meilleures techniques de dissimulation de la vérité mais hier soir je suis allé au Théâtre Tallia à Paris pour voir la pièce "Petits mensonges entre amis" de Fabrice Tosoni. La pièce commence avec un jeune homme, Paul, qui arrive parmi nous dans la salle pour nous dire que nous sommes un super public, que l'ambiance est furieuse, etc... et qui se ravise peu après en nous disant qu'il en fait peut-être un peu trop et il évoque alors avec nous les bienfaits du fait d'arranger la vérité pour, par exemple, ne pas blesser ses amis car "on ne va pas se dire toute la vérité quand même... pas entre amis!". Il nous présente alors ses deux copains, ses deux colocataires : il y a Jean-Luc, surnommé JL, un espèce de nounours bien pervers et Marc, le beau gosse de service, lequel vient de rencontrer une fille, Léa, et l'a invité elle et deux de ses copines à passer la soirée chez eux. Pour une obscure raison, Paul fait promettre à Marc pour une fois de ne pas coucher avec la fille qu'il a rencontré dès le premier soir mais lui et JL auront par contre quartier libre. Nous retrouvons ensuite les 3 filles en question : il y a donc Léa, la bimbo de service, Muriel, la fille en apparence réservée qui cache en fait son jeu et enfin Sabine, l'hystérique qui s'est faite plaquer par son mari pour... sa mère et qui a donc une méfiance extrême vis-à-vis des hommes et qui ne voit du coup absolument pas d'un bon oeil la proposition de soirée qu'a reçu Léa, laquelle tombe un peu amoureuse de n'importe qui. Elle se laissera finalement convaincre et viendra à la fameuse soirée histoire de surveiller ses amies.

Comme on peut s'en rendre compte avec ce cours résumé que je viens de torcher, la pièce ne volait vraiment pas haut! L'histoire se résume à des thèmes aussi profonds que : "est-ce que les protagonistes vont coucher ensemble dès le premier soir?", "les beaux-gosses et les bimbos sont victimes de notre jalousie", "il faut arranger la vérité pour ne pas froisser ses amis", ... Bref, n'importe qui aurait pu écrire cette pièce en gros! Enfin, disons n'importe qui dans cet esprit de pré-trentenaire branchouille qui sort en boîte pour tirer de la conne quoi. Les personnages étaient typiquement le genre de personnes insipides qu'on rencontre dans la vraie vie et dont je me sens aussi proche qu'avec des passionnés de tunning (d'ailleurs c'est certainement les mêmes). Pourtant je mentirais (pour rester dans le thème apparent de la pièce) si je disais que j'ai détesté et que j'ai passé un mauvais moment avec cette pièce. J'avoue même que je n'ai pas trop vu le temps passer, on pose son cerveau au vestiaire et on rigole à certaines situations complètement surjouées. Mais d'un autre côté, payer 12 euros pour ça... c'est un peu comme aller voir "Bienvenue chez les Ch'tis" au cinéma, on ne passe pas un moment désagréable mais on se dit qu'on aurait largement pu garder son argent pour autre chose et on en sort un peu honteux. Mais en fait, il y a un personnage qui rattrape un peu le degré zéro et en dessous de la ceinture de cette comédie, c'est celui de Sabine, la fille qui est sensé être la moins jolie et la moins séduisante et que j'ai trouvé au contraire beaucoup plus attirante et touchante que tous les autres personnages réunis. Certes c'était un personnage très caricatural également mais le côté hystérique, car blessé dans son amour-propre, le rendait amplement plus intéressant que ses comparses et la composition de la comédienne était vraiment amusante.

J'y connais toujours rien mais heureusement que pour une fois le théâtre n'était qu'à 20 minutes à pied de chez moi, je me demande en tout cas ce qu'ont pensé de la pièce les quelques vieux papys et mamies qui étaient présents dans la salle!


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