03 octobre 2008
"Le diable rouge"
J'y connais rien à la démonologie mais, hier soir, je suis allé voir la pièce "Le diable rouge" de Antoine Rault avec entre autre Claude Rich et mis en scène par Christophe Lidon, le même metteur en scène que la très bonne pièce "L'antichambre" que j'avais vu en avril dernier. Tout cela se jouait au Théâtre Montparnasse à Paris. Ce qui était sympathique c'est que cette pièce était en quelque sorte une suite logique de "La Journée des Dupes (ou le triomphe de Richelieu)" que j'avais vu deux jours auparavant. En effet, "Le diable rouge" tourne autour du cardinal Mazarin (interprété par Claude Rich) qui succéda à Richelieu dès le lendemain de la mort de ce dernier en 1642 et qui devint donc ministre principal (disons Premier Ministre) du roi Louis XIII. On retrouve d'ailleurs un personnage commun entre "La Journée des Dupes" et ce "Diable rouge", à savoir la femme de Louis XIII : Anne d'Autriche (jouée par Geneviève Casile). Cette pièce conte en quelque sorte les dernières semaines de la vie de Mazarin qui, à la mort de Louis XIII en 1643 (seulement quelques mois après Richelieu) et quasiment jusqu'à sa propre mort en 1661, a dirigé la France, le fils d'Anne d'Autriche et Louis XIII, le bien nommé Louis XIV, étant encore trop jeune à cette époque pour effectuer cette lourde tâche. La situation financière et politique de la France n'est en tout cas pas flamboyante en ces derniers jours de Mazarin : les caisses de l'Etat sont vides (contrairement à la fortune du cardinal) et, ceci expliquant en partie cela, le pays est enlisé avec l'impopulaire guerre contre l'Espagne qui dure depuis bientôt 30 ans, au désarroi d'Anne d'Autriche qui est elle-même espagnole. La solution pour terminer la guerre serait que Louis XIV, qui est d'ailleurs presque mûr pour prendre enfin le pouvoir, se marie avec l'infante d'Espagne. Mais Louis est amoureux de Marie, la nièce de Mazarin...
Comme je le disais et comme son nom l'indique d'ailleurs, "Le diable rouge" se concentre essentiellement sur le cardinal Mazarin entouré toutefois d'une galerie de personnages historiques comme donc Anne d'Autriche (on nous signifie clairement que les deux ont été amants) mais aussi l'inflexible, froid, ambitieux mais néanmoins remarquable gestionnaire Colbert ou encore le jeune et bouillonnant Louis XIV en personne dont l'éducation est parfaite par Mazarin. Même si la pièce respecte très bien les faits historiques, elle n'en est pas moins très drôle avec une flopée de réflexions acides sur la politique qui sont bougrement d'actualité! Le personnage du cardinal, interprété par Claude Rich, est en tout cas excellent : intelligent, habile et proche de ses sous mais aussi assez désinvolte, avec un grand sens de l'humour cynique, c'est vraiment un personnage très plaisant même si ses manoeuvres politiques ne sont pas toujours humainement glorieuses. L'interprétation de Claude Rich est vraiment classieuse et les autres comédiens ne sont pas en reste comme ceux qui interprètent Colbert ou la reine mère. Le décor est assez "sobre" avec quelques peintures et un système de miroirs qui rappelle d'ailleurs un peu "L'antichambre".
J'y connais toujours rien mais voila donc une pièce que je recommande plus que chaudement : on en sort ravi et pas plus idiot, que demander de mieux?
02 octobre 2008
"La Journée des Dupes (ou le triomphe de Richelieu)"

J'y connais rien au Cardinal de Richelieu mais, d'après le Conseil Général de Vendée (on ne rigole pas là-bas derrière), l'année 2008 serait l'année Richelieu! Pourtant il est né en 1585 et il est mort en 1642, alors quel anniversaire on fête au juste? Et bien tout simplement sa nomination en 1608, il y a 400 ans, comme évêque de la ville de Luçon qui se trouve en Vendée... ouais bon, passons. À l'occasion de cet anniversaire de la plus haute importance, le Conseil Général de Vendée a fait une commande auprès de l'auteur Jacques Rampal pour qu'il écrive une pièce tournant autour du Cardinal. Je suis donc allé mardi soir au Théâtre 14 à Paris (là où j'avais vu la pièce "Jules César" fin mai) pour voir le résultat du nom de "La Journée des Dupes (ou le triomphe de Richelieu)".
"La Journée des Dupes" est un vrai fait historique : dans la journée du 10 novembre 1630, Richelieu est violemment destitué de ses fonctions politiques par la Reine Mère Marie de Médicis mais, dans la nuit du 10 au 11 novembre, Louis XIII, contre toute attente et envers et contre tous (et surtout contre sa mère), renouvelle sa confiance au Cardinal. C'est cette journée et cette nuit particulières que l'on va vivre au cours de la pièce. Il faut savoir que peu après avoir été intronisé Cardinal en 1622, Richelieu a fait partie du Conseil du Roi dès 1624. On dit qu'il est certainement un des premiers Premiers Ministres de France, même si ce terme n'existait pas à l'époque, car il gouvernait quasiment le pays à la place de Louis XIII et il était intransigeant et fin négociateur. Il avait même réussit en 1619 à réconcilier le roi avec sa mère alors que les rapports entre les deux étaient très tendus (Marie de Médicis avait même levé une armée contre son fils, c'est pas banal, moi ma mère au pire si elle a quelque chose contre moi elle me prive de dessert). Alors pourquoi ce désamour soudain de Marie de Médicis pour le Cardinal de Richelieu qui était quand-même à une époque son favori? Et bien en grande partie à cause du fait que Richelieu voulait à tout prix contrer l'hégémonie de la maison catholique de la dynastie des Habsbourg quitte à faire des alliances avec les "hérétiques", en l'occurrence des états protestants (alors qu'il avait réduit le pouvoir politique des Huguenots, les protestants français). C'en était trop pour Marie de Médicis qui, dans son palais du Luxembourg, répudie Richelieu dans un flot d'insultes (en même temps c'était pas très malin de la part de Richelieu d'arriver soudainement par une porte de service que Marie avait oublié de fermer) et devant un Louis XIII silencieux. Ce dernier est d'ailleurs très malade et son frère, Gaston de Médicis, voit dans tous ces évènements une occasion en or de devenir Calif à la place du Calif et de se taper la reine, Anne d'Autriche, qui n'est d'ailleurs pas contre l'idée. Mais, coup de théâtre (en même temps ça tombe bien, on est au théâtre), Louis XIII demande le soir même à Richelieu de venir le voir dans son pavillon de chasse de Versailles pour lui annoncer, après une longue discussion qui dure toute la nuit, qu'il lui renouvelle sa confiance.
J'ai trouvé cette pièce franchement sympathique et servie par de bons acteurs. Celui qui jouait Louis XIII était très bon dans son rôle de roi malade, désabusé, plus intéressé par la chasse que par la littérature mais néanmoins juste et soucieux du bien-être de son peuple. Celui qui interprétait Richelieu avait une bonne prestance et passait bien du côté impertinent au côté sage propre au personnage. La Marie de Médicis était elle bien en voix! Les acteurs secondaires n'étaient pas en reste comme celui qui interprétait le Père Joseph, un moine capucin qui était le confident le plus proche de Richelieu, et qui avait la bonne tête de l'emploi! En plus, cette pièce passe comme une lettre à la poste car d'abord, elle ne dure qu'1h30 (ça change des dernières pièces que j'ai vu qui duraient plus de 2h), ensuite, elle est bien rythmée et enfin, elle était non dénuée d'humour. Les décors étaient par contre assez sommaires, avec quelques meubles installés ça et là mais j'ai quand-même eu de grosses sueurs froides à un moment car l'acteur qui jouait Louis XIII s'approchait dangereusement d'un chandelier, je ne sais pas trop comment aurait réagi tout ce beau monde si leur roi s'enflammait au sens propre du terme! Pour finir, il est à noter que la pièce était écrite "à l'ancienne" en alexandrins mais avec un langage relativement moderne.
J'y connais toujours rien mais voilà une pièce de théâtre que je recommande que ce soit aux férus d'Histoire ou simplement à ceux qui veulent voir une pièce dans le style théâtre classique mais accessible par tous.
28 septembre 2008
"Lorenzaccio"

J'y connais rien aux immenses chanteurs français de ces deux derniers siècles mais je suis allé voir jeudi soir la pièce "Lorenzaccio" d'Alfred de Musset qui se jouait au Théâtre Le Trianon à Paris avec Francis Lalanne dans le rôle titre. Oui, oui, je pourrai dorénavant me "vanter" d'avoir vu notre Francis national sur scène! Enfin je vous rassure, ce n'est pas la présence de Francis Lalanne qui m'a motivé (hum, ça fait genre fan caché qui assume pas...) et même si c'est son nom qui était évidemment mis en avant, s'il n'était pas entouré sur l'affiche d'une quinzaine d'autres comédiens je n'aurais certainement pas fait le déplacement. En juin dernier, j'avais déjà vu une pièce de théâtre d'Alfred de Musset avec "Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée", une pièce assez légère, mais avec ce "Lorenzaccio" on passe vraiment à quelque chose de plus costaud et grandiloquent! Notons rien que la durée de la pièce : quasiment 3h30, entracte de 20 minutes compris! Et encore, j'ai lu qu'il y a 5 actes, 36 scènes et dans les 400 personnages normalement! Je doute donc que nous ayons eu le droit à une version intégrale ce soir-là mais j'y connais rien.
J'ai eu du mal à comprendre vraiment l'intrigue de l'histoire mais disons pour résumer grossièrement que nous sommes au milieu du XVIe siècle en Italie, dans la ville de Florence qui est en pleine période de décadence et de débauches en tout genre avec l'ignoble Duc Alexandre de Médicis, un gros porc dépravé qui en a le pouvoir. Pourtant, s'il y a quelqu'un qu'on déteste plus que le Duc à Florence, c'est bien son cousin Lorenzo, que l'on surnomme Lorenzaccio qui est un "diminutif" dédaigneux, lequel vit également une parfaite vie de débauche et qui est en plus bien lâche, s'évanouissant par exemple à la vue d'une épée. Pourtant, ce jeune homme était a une époque raffiné et avec de nobles idéaux. En fait, on apprendra plus tard que ce n'est pas par plaisir qu'il a adopté une telle vie décadente mais pour en quelque sorte infiltrer l'entourage d'Alexandre de Médicis, gagner la confiance de ce dernier et l'assassiner pour libérer Florence de son joug.
Bon c'est vraiment résumé à la truelle et il y a de multiples histoires qui se passent dans cette pièce, liées ou non au personnage principal et d'ailleurs, Lorenzo n'apparaît qu'après pas mal de scènes. En tout cas, on peut dire que l'on a le droit à une véritable pièce classique avec magnifiques costumes à la pelle et même quelques combats d'épée. Les éléments de décors étaient assez simples (des espèces de blocs empilés de façon différente avec divers revêtements) mais utilisés avec ingéniosité ce qui fait que l'on était transporté dans beaucoup de lieux différents au cours de la pièce. Ce qui était étonnant en tout cas, c'était les nombreuses scènes "osées" présentes dans cette pièce comme les non négligeables scènes de nudité (c'est sûrement la première fois que je vois autant de seins nus en une soirée) et des rapports plus ou moins ambigus entre les personnages masculins comme ce baiser échangé entre Alexandre et Lorenzo. Les fans de Francis Lalanne qui sont venus juste pour lui et qui aiment l'univers eau-de-rose de ses chansons ont dû être assez décontenancés! La scène qui a le plus marqué les esprits et celle où Alexandre est dans son lit complètement nu avec sa maîtresse torse poil au dessus de lui, quand Alexandre se tourne dans le lit et se lève dans le plus simple appareil pour se rhabiller, autant dire que dans la salle nous avons eu un mélange de gros rires gras et de cris de dégoût, l'acteur jouant Alexandre étant disons plutôt bien portant. Il faut dire aussi qu'il y avait un certain nombre d'adolescents dans la salle donc forcément, les réactions ne pouvaient qu'être vives.
Maintenant venons-en donc au sujet Francis Lalanne, je suis sûr que vous n'attendez que ça depuis tout à l'heure (ouais, je te vouvoie)... je ne veux pas faire le gars qui critique de façon bête et méchante juste parce que c'est Francis Lalanne mais c'est clair que c'était vraiment l'acteur le moins bon du lot. Son phrasé était bizarre, complètement syncopé... bon à la limite ça faisait un peu mec constamment bourré, ça allait sûrement avec le personnage, mais ça ne sonnait vraiment pas naturel. Et puis sa voix était faible par rapport aux autres comédiens, il y a une scène où il discute longuement avec un comédien visiblement confirmé et la différence était indéniable. On sent vraiment que les producteurs de la pièce ont voulu capitaliser sur son nom pour attirer des spectateurs mais par exemple, je devais être au 2e balcon et je me suis retrouvé dans l'orchestre... qui était rempli qu'au tiers, autant dire que ça me la foutait un peu mal pour les autres comédiens qui étaient plus que corrects voire même bons avec certaines "gueules" marquantes comme cet acteur, Dominique Hulin, de plus de 2m (souvenez vous, c'est le guerrier anglais qui se fait décapiter par Godefroy de Montmirail dans "Les Visiteurs"!). Pendant les salutations à la fin c'est encore une fois Francis Lalanne qui est mis en avant comme la star de la pièce alors que ce n'est objectivement vraiment pas mérité. En plus, il n'apparaît pas tant que cela sur scène par rapport à toute la durée de la pièce.
J'y connais toujours rien mais il serait quand-même dommage de se braquer sur le simple fait que c'est une pièce avec Francis Lalanne car à part ce détail, c'est une vraie pièce de théâtre avec de vrais acteurs et une vraie mise en scène. Bon, je n'ai par contre pas été emballé des masses par l'histoire et à vous de voir si vous supporterez 3h30 de théâtre d'un coup!
25 septembre 2008
"Fin de partie"
J'y connais rien au théâtre de l'absurde mais, mardi soir, je suis allé au Théâtre de l'Atelier à Paris pour voir la pièce "Fin de partie" de Samuel Beckett avec, entre autres, Charles Berling et Dominique Pinon, ce dernier étant connu plus particulièrement pour être un des acteurs fétiches de Jean-Pierre Jeunet. D'ailleurs, on peut dire que visuellement cette "Fin de partie" était assez proche de l'univers des films de Caro et Jeunet. Par contre, ne me demandez pas de faire un résumé de la pièce vu qu'il n'y avait pas vraiment d'histoire à proprement parler et la pièce repose essentiellement sur une ambiance et un univers particuliers, autant dire d'emblée qu'on accroche ou on n'accroche pas!
Tout commence avec le "rideau" du Théâtre de l'Atelier (un système de plaques qui coulissent verticalement) qui se lève lentement sous un bruit de ferrailles comme l'ouverture du rideau en fer d'un magasin ou d'une porte de prison, au choix. Là s'offre à nous le décor qui est une pièce sombre et exiguë avec de grands murs en biais et une fenêtre en hauteur de chaque côté. On apprendra plus tard que l'une de ces fenêtres donne visiblement sur la mer et l'autre sur la terre ferme. Il y a 3 meubles dans la pièce recouverts d'un drap et un personnage est debout au milieu de cette pièce, la tête et les épaules baissées et c'est d'ailleurs dans cette position bizarre qu'il se déplace (avec difficulté, comme s'il était resté debout toute sa vie). Dans une sorte de rituel pathétique, il va retirer les rideaux des fenêtres à l'aide d'une échelle qu'il va chercher dans une pièce à côté - on apprendra que c'est une cuisine - puis il enlève les draps recouvrant les "meubles" qui sont en fait deux poubelles et une chaise roulante sur laquelle est assis un personnage avec le visage recouvert d'un linge un peu comme "Elephantman". Rien que cette première scène dure une dizaine de minutes, sans aucun dialogue, le ton est donné! Mais les personnages commencent tout de même à parler au bout d'un moment et on imagine que ce sont les rescapés d'une sorte de fin du monde. L'homme dans la chaise roulante (joué par Dominique Pinon) est semble-t-il le propriétaire des lieux. En plus d'être handicapé moteur, il est également aveugle. L'homme du début (joué par Charles Berling), du nom de Clov, est en quelque sorte son fils adoptif et dans les poubelles se trouvent... ses parents, victimes d'un accident de tandem et qui n'ont donc apparemment plus de jambes. Oui oui, c'est n'importe quoi! L'homme en chaise roulante semble tyranniser depuis des années le pauvre Clov, ce dernier lui annonçant toutes les 5 minutes qu'il va partir d'ici mais qui semble ne pas réussir à se décider, comme s'il était emprisonné mentalement. Le père de l'homme en chaise roulante sort quelque fois la tête de sa poubelle pour réclamer à manger ou pour toquer au couvercle de l'autre poubelle pour discuter du bon temps avec sa femme.
Bref, je vais peut-être m'arrêter là dans la description vu que la pièce n'est que successions de dialogues qui n'ont quasiment ni queue ni tête et de scènes complètement absurdes. Comme je le disais au début, c'est le genre de pièces où l'on rentre dans l'univers proposé ou non. J'avoue que j'y suis personnellement rentré mais en partie car j'aime bien le non-sens, et il y avait des moments absurdes vraiment drôles, mais il y avait aussi pas mal de passages à vide, les silences étant une spécialité de Samuel Beckett apparemment. De plus, il faut dire que la pièce dure 2 heures donc il faut être assez courageux! Cependant, j'ai trouvé l'univers assez intéressant : sale mais poétique en même temps comme dans le film "Delicatessen".
Voila quoi, j'y connais toujours rien mais donc, pour résumer, si vous n'êtes pas fan des univers absurdes, passez votre chemin!
19 septembre 2008
"Equus"
J'y connais rien à l'équitation mais hier soir je suis allé voir la pièce "Equus" de Peter Shaffer au Théâtre Marigny (dans la grande salle où j'avais vu "La tectonique des sentiments" en avril dernier). Cette pièce a eu un écho dans les medias internationaux il n'y a pas très longtemps car elle a été jouée à Londres avec Daniel Radcliffe, le comédien qui joue "Harry Potter" au cinéma, dans un des rôles principaux et comme il y a deux scènes de complète nudité pour le rôle en question dans cette pièce, cela avait fait un peu scandale. "Equus" raconte l'histoire d'un psychiatre, Martin Dysart, qui se voit confier le cas d'un jeune patient de 17 ans, Alan Strang, qui, dans un accès de folie inexpliqué, a crevé les yeux de 6 chevaux au manège où il travaillait. Tout d'abord enfermé dans un mutisme et ne s'exprimant que par le biais de jingles de pubs télévisés, le jeune homme va peu à peu se confier au Docteur Dysart tout en jouant avec lui à un jeu tordu de la vérité qui poussera le psychiatre dans ses derniers retranchements.
On peut dire que la pièce était vraiment très sombre (avec quelques moments d'humour noir) mais j'ai beaucoup aimé! Cela se déroulait un peu à la façon d'une enquête policière et psychologique avec "interrogatoires", petits secrets dévoilés au fur et à mesure, flash backs et réflexions intéressantes sur la religion et le concept de "normalité". La mise en scène était plutôt bien foutue et ingénieuse : tous les acteurs présents dans la pièce (une bonne douzaine) étaient pratiquement constamment sur scène, tapis dans l'ombre quand ce n'était pas à eux de jouer et, tout comme la pièce "Good canary" que j'avais vu en début d'année, des meubles et d'autres éléments de décor arrivaient sur scène automatiquement par un système de rails invisibles. Il y avait également un cercle au milieu de la scène qui pouvait pivoter (avec des barrières arrondies qui descendaient du plafond quand il fallait représenter le manège de chevaux), la scène s'avançait également vers le public en se finissait en pointe, il y avait une sorte d'entrée au fond de la scène, etc... Bref, un décor de cirque en quelque sorte. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le rôle principal de la pièce est celui du Docteur Dysart, un homme très compétent dans son travail mais rempli de doutes et finissant par envier la folie de son patient qui est quelque part bien plus libre que lui. Par contre il y avait pas mal de rôles qui ne servaient pas à grand chose ou disons pour lesquels on ne voit apparaître les personnages en question que 5 minutes dans toute la pièce. Pour ce qui est des fameuses scènes de nudités, elles mettent assez mal à l'aise mais ne sont pas gratuites pour autant.
En somme, j'y connais toujours rien mais je n'ai personnellement pas trop vu passer les presque 2h15 de la pièce, à vous de voir maintenant si vous aimez les ambiances un peu glauques teintées de surnaturel.