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09 septembre 2010
"Le bal des couillons"

J'y connais rien aux retours triomphaux mais cela fait quasiment 2 ans que j'ai laissé pourrir ce blog bien comme il faut! En même temps, j'ai l'impression que c'était plus mon journal intime qu'autre chose vu que les seuls visiteurs que j'ai eu tout ce laps de temps étaient d'efficaces robots de spam... Mais bon, une envie soudaine de reprendre ce fructifiant monologue m'est venue aujourd'hui. Ouais 'fin bon, avouons-le, de toute façon depuis la dernière note de ce blog en décembre 2008 j'ai mis plus souvent les pieds dans un bar que dans une salle de théâtre. En 2009 j'ai du voir en tout et pour tout 7 malheureuses pièces à Paris : encore le spectacle de Fabrice Luchini mais à l'Espace Pierre Cardin cette fois (sympa mais pratiquement exactement la même chose que la première fois que je l'ai vu au Théâtre de la Renaissance et en plus j'étais super mal assis sur une marche d'escalier parce que ces boulets avaient mal géré le nombre de spectateurs), "Un garçon impossible" au Théâtre du Rond-Point (sympathique également avec une histoire assez barrée et loufoque mais cette fois-ci c'était moi le boulet puisque je m'étais perdu en route - une fois de plus - et que j'avais donc loupé bien 10 minutes du début de la pièce), "Tout le monde aime Juliette" au Théâtre du Splendid (avec Marilou Berry, la fille de Josianne Balasko, dans le rôle titre. Une pièce plutôt marrante, un poil cynique et cruelle mais au final assez mignonne), "Kiss DB" au Théâtre Essaion (une petite comédie musicale sur la mort, pas désagréable) et, après 6 mois de pause plus ou moins alcoolisée (plus en fait), "20 000 lieues sous les mers" au Théâtre Dejazet (une adaptation plutôt rigolote de l'oeuvre de Jules Verne avec de sympathiques effets spéciaux dont une sublime attaque du public par un poulpe géant gonflable dont les tentacules touchaient quasiment le bout de la salle), "La douleur" au Théâtre de l'Atelier (un monologue d'après le texte de Marguerite Duras, très bien porté par Dominique Blanc), "La nuit des rois" au Théâtre Comedia (une plutôt bonne adaptation du texte de Shakespeare) et enfin "Le Quatuor" au Théâtre des Variétés (j'y étais allé parce que c'est une nouvelle fois ma soeur qui avait fait les costumes mais j'ai passé un bon moment quand-même).
Et ensuite... plus rien! L'année 2010 ayant été plus riche que jamais en houblon plus qu'en n'importe quoi d'autre... Bon attention, je n'ai pas été qu'un gros sac à vin durant tout ce temps hein! J'ai voyagé quand-même un petit peu : Maroc, Bahamas, Norvège, Suède, Danemark, Etats-Unis, Autriche, Espagne, Angleterre, Pologne, Roumanie, ... sans compter mes nombreuses escapades en France juste dans le but de visiter les villes que je ne connaissais pas encore et sans compter non plus les habituels festivals de musique de bourrins en terre germanique entre autre. Mais voilà, à part des musées à chacun de mes voyages, je n'ai pas fait des masses de choses particulièrement "culturelles" depuis 2 ans (quoique, visiter les pubs des villes de France et du monde entier c'est assez enrichissant... surtout pour les barmen). Alors pourquoi est-ce que je reviens nourrir ce blog aujourd'hui? Cela tient en 3 mots : mon régime annuel! Parce que c'est bien beau de faire la fête avec les amis tout ça, de se coucher complètement beurré à 6h30 pour repartir au boulot à 8h30 (bon OK, je me la raconte, ça a dû m'arriver 3-4 fois tout au plus) mais au final ça se paye et me voilà avec 8Kg en trop dans ma face (enfin surtout dans mon ventre) et l'impression de m'être bien éclaté cette année et d'avoir été bien entouré mais aussi la moins agréable impression d'avoir laissé de côté certaines choses qui font que je me sens quand-même aujourd'hui un gros puerco autant physiquement qu'intellectuellement.
Bref, j'ai donc décidé que plus que sous le signe de la diète, des exercices physiques qui font mal aux bras et de l'isolement, ce régime 2010 serait également sous le signe d'une rentrée théâtrale et la réouverture de ce blog est un moyen supplémentaire de me motiver à bouger mes grosses fesses pour vous faire partager (oui je me vouvoie) mes émois. Bon par contre je vais arrêter les conneries de raconter mes sorties aux musées ou de donner mes impressions sur le dernier téléfilm catastrophe que j'ai vu sur TF1, je me rends compte que c'était pas super passionnant (mais je laisse tout de même les notes que j'ai écrites à ce sujet sur ce blog, parce que le monde ne doit pas oublier les atrocités qui se sont déroulées dans son histoire proche). Je n'ai pas non plus super envie de raconter les films que j'ai vu au ciné, en même temps je suis allé voir exactement 4 films en 2 ans donc bon... En gros vous l'aurez compris, place entièrement au théâtre!
Alors donc, la première pièce que je suis allé voir dans le cadre de ce que nous nommerons "opéréchionne redjime tou-fazeune-tène" était "Le bal des couillons" au théâtre Le Triomphe à Paris. Bon, je parlais de la notion de "culturel" un peu avant dans mon long monologue totalement égocentrique mais on ne peut pas dire que théâtral rime forcément toujours avec cérébral. Dès qu'on arrive devant l'entrée du théâtre, on est accueilli par un grand gaillard bien costaud (dans tous les sens du terme) et on sent que lui, il est là pour foutre l'ambiance mais un peu du genre rabelaisien. Installés dans la (petite) salle, il nous demande de faire du bruit pour la pièce tout ça... J'avoue que c'est typiquement le genre de truc qui me gonfle et qui annonce une pièce qui ne va pas atteindre des sommets de réflexion, j'en veux pour preuve la médiocre pièce "Petits mensonges entre amis" qui utilisait le même procédé. Attention, je ne veux pas faire mon parisien pédant qui vient enrichir son esprit en allant au théâtre et qui méprise les pièces "populo" mais je demande au minimum de ne pas avoir l'impression d'être dans une émission télé avec un chauffeur de salle qui fait faire des réactions absolument pas sincères à un public à qui on empêche en quelque sorte tout libre arbitre. Bon OK j'exagère, c'est le régime qui me rend agressif mais voilà quoi, j'aime pas ça!
Bon, la pièce qu'est-ce qu'elle raconte? Alors ça tient sur un timbre poste : Pierre-Henri Semance ("avec un A"), un bobo-avocat parisien, a acheté la maison à côté de la ferme de Marcel Troupeau ("avec des vaches") dans la rurale bourgade de Crénon-les-Tablettes. Va s'en suivre un choc des cultures et quelques péripéties car la maison de Troupeau... est hantée par le fantôme de sa femme. Comme je le prévoyais avec le chauffage de salle précédent, cette pièce ne vole pas bien haut. Déjà les personnages sont ultra caricaturaux... mais des caricatures des années 70! Le paysan passe ses journées à boire de la gnôle dans sa maison où l'élément le plus moderne est un téléphone du début du XXème siècle et le parisien a un langage précieux, roule en 4X4 et n'a jamais vu une vache de sa vie. Ce soir là c'était la dernière de la pièce dans ce théâtre (et d'ailleurs c'était la dernière pièce tout court pour Le Triomphe car ce dernier va changer de propriétaire et de nom) et les comédiens vont partir en tournée en province et là je me demande... comment les gens qui connaissent un minimum le milieu rural et qui savent que les paysans ont l'électricité, internet et même des téléphones portables (si si!) vont réagir face à cette pièce écrite visiblement par des parisiens pour les parisiens dont le dernier film sur les paysans qu'ils ont vu est "La soupe aux choux" (d'ailleurs c'est le thème de ce film qui est passé à la fin de la pièce)? J'avoue, je suis un peu dur et je mentirais si je disais que je n'ai souri à aucun moment pendant la pièce, il y avait quelques répliques bien senties mais tout le reste était quand-même bien pataud! Par exemple, les vannes sur Sarkozy étaient vraiment foireuses et pas très élevées. Je n'ai aucune sympathie particulière pour ce type mais bon, je trouve toujours ça un peu nase les blagues sur l'actualité dans une pièce de théâtre surtout quand ça manque cruellement de finesse et d'intelligente causticité. Bref, vous l'aurez compris, si elle n'est pas exempt de bons moments, je n'ai pas non plus trouvé cette pièce bien terrible terrible...
J'y connais toujours rien mais je tiens à dire que je ne suis pas de mauvaise foi et que si j'ai été un peu radical au sujet de ce "Bal des couillons" c'est parce que je sais qu'il est tout à fait possible de faire une pièce populaire, intelligente, en dehors des clichés et extrêmement drôle sur le milieu rural, lisez donc pour vous en convaincre ma chronique de la formidable pièce "Chacun sa croix!".