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08 février 2008

"Cloverfield"

Cinéma 4/4

J'y connais rien au traumatisme américain post 11 septembre, par contre j'aime bien les films avec des monstres géants (j'ai bien aimé le "Godzilla" de Roland Emmerich, oui oui c'est moi!) donc j'avais très envie de voir ce "Cloverfield" au cinéma. Si l'histoire du film n'a rien d'inédit et tient sur un timbre poste (un monstre casse tout dans la ville en gros), le traitement par contre est lui très original puisque tout se passe en vue subjective depuis une caméra amateur. Le procédé n'est pas nouveau puisqu'il était utilisé dans "Le projet Blair Witch" et bien avant dans "Cannibal holocaust" mais il n'avait jamais été utilisé pour un film de monstres. Et c'est simple : c'est le meilleur film du genre qu'il m'ait été donné de voir!

Une chose déjà : les amateurs du "on montre tout, on explique tout" devront passer leur chemin, ici on suggère plus qu'autre chose et on nous explique à aucun moment l'origine du monstre. Par contre ceux qui ont suivi le "buzz" avant la sortie du film en savent un peu plus puisque le producteur du film, JJ. Abrams (créateur de la série "Lost" entre autre mais je m'en foutais un peu vu que j'ai jamais vu une seule seconde de cette série), a eu la bonne idée de créer plein de vrais-faux blogs en rapport au film avec des tas d'indices mystérieux et même des reportages journalistiques pour plusieurs pays dont la France qui traitaient d'une catastrophe qui a eu lieu dans une station de forage non loin de la côte New-Yorkaise.

Cependant, le film se suffit largement de lui-même. Personnellement, je me fichais éperdument de savoir l'origine du monstre et de le voir filmé pendant 10 minutes sous tous les angles. On est comme les héros du film, on a qu'une envie : se tirer de là au plus vite (pas de la salle de cinéma je vous rassure)! Enfin du moins après être allé récupérer la copine de l'un, coincée dans son appart. C'est la grosse pirouette scénaristique grossière du film parce que bon, aller chercher la fille dont on est amoureux alors qu'il y a un monstre qui explose tout sur son passage et qui balance en plus d'autres petites bestioles en route... bon passons! Mais qu'en plus des gens, dont son meilleur ami qui tient la caméra, le suivent ... moi perso ma solidarité aurait atteint ses limites! Enfin bon, ça n'empêche pas d'être totalement pris dans le film et ceci vraiment grâce à ce procédé de caméra à l'épaule.

Si, comme je le disais, dans ce film on nous suggère les choses plus qu'on nous les montre, il n'empêche qu'on s'en prend quand même plein les yeux et surtout les oreilles. Le monstre nous est dévoilé dans son ensemble (et encore seulement sous un certain angle) que vers la toute fin et à la limite j'aurais même préféré qu'ils nous le montrent pas car il est quand même bien moche et fait trop image de synthèse. Les petites bestioles qu'il sème en route sont par contre pas mal foutues et donnent le droit à quelques séquences anthologiques. Ce que j'ai apprécié dans le film aussi c'est qu'il n'y a aucun moment gore parce que bon, ça devient un peu monnaie courante de foutre des scènes gores pour attirer le chaland même dans les films de SF où ça ne se justifie pas (eh oui, parmi mes nombreuses tares, je suis pas loin d'être totalement hémophobe!).

Sinon concernant le traumatisme post 11 septembre, mis à part que l'action se déroule à New-York, sur l'ile de Manhattan plus précisément, on à le droit à quelques scènes qui ne sont pas loin de nous être familières comme lorsque les protagonistes du film montent sur le toit de leur immeuble pour voir d'où provient la première secousse et se demandent si c'est une nouvelle attaque terroriste ou quand, sortis dans la rue, ils se réfugient dans un magasin pour ne pas être ensevelis par le nuage de poussières et de débris qui s'avance vers eux suite à l'écroulement d'un bâtiment ou encore quand une bande de badauds s'agglutinent avec leur portable autour de la tête de la statue de la liberté qui vient d'être arrachée et expulsée par le monstre...

Bref, j'y connais toujours rien mais je suis sorti de ce film plus qu'enthousiaste, en espérant qu'Hollywood ne nous fasse pas de suite débile!


"La Méditerranée des Phéniciens de Tyr à Carthage"

Musées et expos 3/4

J'y connais rien à la Méditerranée, j'ai du m'y baigner 2 ou 3 fois dans ma vie, mais j'ai tout de même été attiré par une exposition à l'Institut Du Monde Arabe à Paris du nom de "La Méditerranée des Phéniciens de Tyr à Carthage". Evidemment, j'y connaissais rien aux Phéniciens et pourtant, il parait que c'est pratiquement eux qui ont inventé l'alphabet (et pas les grecs malgré ce qu'on a coutume de penser). Les Phéniciens, basés dans l'actuel Liban, étaient un peuple de marins commerçants qui ont sévi sur la mer méditerranée dès le IIe millénaire avant l'ère chrétienne.

Le terme de "Phénicien" vient de "phénix" car apparemment, les phéniciens étaient les premiers peaux rouge... il faut dire qu'ils n'étaient pas au courant que quand on part se bronzer au soleil il faut mettre de la crème solaire à indice 30 au moins. Ils ont installé des comptoirs un peu partout sur le pourtour méditerranéen mais bon quand je dis comptoir c'est pas comme moi qui fait pilier de bar mais pour ravitailler les bateaux. Y'avait même un comptoir à Marseille mais, comme son nom l'indique, l'exposition s'intéresse plutôt à la portion que les Phéniciens ont fréquenté de la ville de Tyr (Liban) à la ville de Carthage (Tunisie).

La première partie de l'exposition s'intéresse surtout à l'alphabet phénicien qui était en quelque sorte de l'égyptien pour les nuls parce que l'égyptien c'était quand même réservé à une élite : faut dire que pour savoir qu'un oiseau à côté d'un oeuf ça veut dire "enfanter", c'est pas donné à tout le monde! On a quelques exemples de lettres phéniciennes mais qu'on aurait du mal à envoyer par la poste vu que c'est des phrases gravées sur des pierres. On a aussi quelques sculptures (de dieux le plus souvent) avec des inscriptions. C'est un français, l'abbé Barthélemy, qui en 1758 à percé le mystère des 22 lettres de l'alphabet phénicien en s'appuyant sur des inscriptions bilingues phéniciennes/grecques.

La seconde partie de l'exposition s'intéresse plutôt à l'artisanat phénicien qui constitue l'essentiel de l'expo. On a le droit à des tas d'objets, que ce soit des sculptures en ivoire et en faïence, des masques, des bijoux, ... mais le plus intéressant pour moi a été tout ce qui concerne le funéraire, notamment les superbes sarcophages anthropoïdes (c'est à dire à forme et visage humain) intacts. Il y a évidemment quantité d'autres choses à découvrir sur les phéniciens dans cette expo mais ce n'est pas évident de tout retenir quand on est un profane comme moi qui vient par curiosité.

J'y connais toujours rien mais si vous vous intéressez à l'Antiquité, je vous recommande cette exposition!