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02 octobre 2008

"La Journée des Dupes (ou le triomphe de Richelieu)"

Théâtre 3/4

J'y connais rien au Cardinal de Richelieu mais, d'après le Conseil Général de Vendée (on ne rigole pas là-bas derrière), l'année 2008 serait l'année Richelieu! Pourtant il est né en 1585 et il est mort en 1642, alors quel anniversaire on fête au juste? Et bien tout simplement sa nomination en 1608, il y a 400 ans, comme évêque de la ville de Luçon qui se trouve en Vendée... ouais bon, passons. À l'occasion de cet anniversaire de la plus haute importance, le Conseil Général de Vendée a fait une commande auprès de l'auteur Jacques Rampal pour qu'il écrive une pièce tournant autour du Cardinal. Je suis donc allé mardi soir au Théâtre 14 à Paris (là où j'avais vu la pièce "Jules César" fin mai) pour voir le résultat du nom de "La Journée des Dupes (ou le triomphe de Richelieu)".

"La Journée des Dupes" est un vrai fait historique : dans la journée du 10 novembre 1630, Richelieu est violemment destitué de ses fonctions politiques par la Reine Mère Marie de Médicis mais, dans la nuit du 10 au 11 novembre, Louis XIII, contre toute attente et envers et contre tous (et surtout contre sa mère), renouvelle sa confiance au Cardinal. C'est cette journée et cette nuit particulières que l'on va vivre au cours de la pièce. Il faut savoir que peu après avoir été intronisé Cardinal en 1622, Richelieu a fait partie du Conseil du Roi dès 1624. On dit qu'il est certainement un des premiers Premiers Ministres de France, même si ce terme n'existait pas à l'époque, car il gouvernait quasiment le pays à la place de Louis XIII et il était intransigeant et fin négociateur. Il avait même réussit en 1619 à réconcilier le roi avec sa mère alors que les rapports entre les deux étaient très tendus (Marie de Médicis avait même levé une armée contre son fils, c'est pas banal, moi ma mère au pire si elle a quelque chose contre moi elle me prive de dessert). Alors pourquoi ce désamour soudain de Marie de Médicis pour le Cardinal de Richelieu qui était quand-même à une époque son favori? Et bien en grande partie à cause du fait que Richelieu voulait à tout prix contrer l'hégémonie de la maison catholique de la dynastie des Habsbourg quitte à faire des alliances avec les "hérétiques", en l'occurrence des états protestants (alors qu'il avait réduit le pouvoir politique des Huguenots, les protestants français). C'en était trop pour Marie de Médicis qui, dans son palais du Luxembourg, répudie Richelieu dans un flot d'insultes (en même temps c'était pas très malin de la part de Richelieu d'arriver soudainement par une porte de service que Marie avait oublié de fermer) et devant un Louis XIII silencieux. Ce dernier est d'ailleurs très malade et son frère, Gaston de Médicis, voit dans tous ces évènements une occasion en or de devenir Calif à la place du Calif et de se taper la reine, Anne d'Autriche, qui n'est d'ailleurs pas contre l'idée. Mais, coup de théâtre (en même temps ça tombe bien, on est au théâtre), Louis XIII demande le soir même à Richelieu de venir le voir dans son pavillon de chasse de Versailles pour lui annoncer, après une longue discussion qui dure toute la nuit, qu'il lui renouvelle sa confiance.

J'ai trouvé cette pièce franchement sympathique et servie par de bons acteurs. Celui qui jouait Louis XIII était très bon dans son rôle de roi malade, désabusé, plus intéressé par la chasse que par la littérature mais néanmoins juste et soucieux du bien-être de son peuple. Celui qui interprétait Richelieu avait une bonne prestance et passait bien du côté impertinent au côté sage propre au personnage. La Marie de Médicis était elle bien en voix! Les acteurs secondaires n'étaient pas en reste comme celui qui interprétait le Père Joseph, un moine capucin qui était le confident le plus proche de Richelieu, et qui avait la bonne tête de l'emploi! En plus, cette pièce passe comme une lettre à la poste car d'abord, elle ne dure qu'1h30 (ça change des dernières pièces que j'ai vu qui duraient plus de 2h), ensuite, elle est bien rythmée et enfin, elle était non déniée d'humour. Les décors étaient par contre assez sommaires, avec quelques meubles installés ça et là mais j'ai quand-même eu de grosses sueurs froides à un moment car l'acteur qui jouait Louis XIII s'approchait dangereusement d'un chandelier, je ne sais pas trop comment aurait réagi tout ce beau monde si leur roi s'enflammait au sens propre du terme! Pour finir, il est à noter que la pièce était écrite "à l'ancienne" en alexandrins mais avec un langage relativement moderne.

J'y connais toujours rien mais voilà une pièce de théâtre que je recommande que ce soit aux férus d'Histoire ou simplement à ceux qui veulent voir une pièce dans le style théâtre classique mais accessible par tous.


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